À six semaines de l’élection présidentielle, la Côte d’Ivoire est secouée par une décision majeure : l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Face à Alassane Ouattara, qui se présente comme favori, les leaders écartés multiplient les initiatives pour peser malgré tout sur le scrutin prévu le 25 octobre 2025.
Une opposition privée de ses têtes d’affiche
Le Conseil constitutionnel a tranché : seuls quelques candidats sont jugés recevables. Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé figurent parmi les exclus, principalement pour des motifs liés à la qualité d’électeur ou à des condamnations judiciaires. Ces décisions suscitent une vague de contestations dans les rangs de l’opposition.
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Laurent Gbagbo en chef de file des exclus
Depuis Abidjan, l’ancien président Laurent Gbagbo mène une série de rencontres avec les leaders écartés. Son objectif : transformer la frustration en stratégie collective. Le 10 septembre, l’image de son accolade avec Pascal Affi N’Guessan, longtemps rival au sein du Front populaire ivoirien (FPI), a marqué les esprits. Elle symbolise une possible réconciliation en vue d’une action commune.
Les scénarios envisagés par les exclus
Une coalition unifiée
Les exclus pourraient mettre en place une plateforme politique pour peser à long terme, même sans participation directe au scrutin. Ce front commun viserait à parler d’une seule voix face au pouvoir.
La mobilisation populaire
Manifestations, rassemblements et appels à la désobéissance civile sont évoqués. L’objectif : contraindre le pouvoir à rouvrir le jeu démocratique. Mais le risque d’affrontements avec les forces de sécurité reste élevé.
Le recours international
Les leaders exclus comptent également sur la pression des partenaires étrangers (ONU, CEDEAO, Union africaine) afin de dénoncer ce qu’ils estiment être une élection verrouillée. Toutefois, les chancelleries privilégient souvent la stabilité.
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Le boycott du scrutin
Un appel à l’abstention générale est une option réaliste. Cette stratégie affaiblirait la légitimité d’Alassane Ouattara en cas de faible participation, mais elle comporte le risque de laisser le terrain totalement libre au pouvoir.
Le soutien à un candidat autorisé
Les exclus pourraient se rallier à l’un des rares candidats validés, pour maintenir une présence politique dans les urnes. Mais l’opposition ivoirienne a souvent souffert de ses divisions.
Le pari du temps long
Enfin, les exclus misent sur l’avenir. Même hors course en 2025, ils entendent capitaliser sur cette exclusion pour préparer les échéances suivantes et incarner une alternative dans la durée.
Un enjeu de légitimité pour 2025
Alors que le scrutin approche, l’exclusion de figures majeures risque de fragiliser la crédibilité du processus électoral. La participation populaire, le degré de mobilisation de l’opposition et la réaction de la communauté internationale détermineront si cette présidentielle renforcera la stabilité politique, ou au contraire, ouvrira une nouvelle période de tensions en Côte d’Ivoire.
La Rédaction

