À Kampala, la messe prévue en l’honneur de Kizza Besigye, opposant historique détenu depuis 2024 pour trahison, a été annulée par les autorités ougandaises, suscitant l’indignation de sa famille et de ses partisans.
Selon Winnie Byanyima, épouse de l’opposant et directrice exécutive de l’ONUSIDA, l’archevêque Paul Ssemogerere a reçu un appel du président Yoweri Museveni demandant l’annulation de la cérémonie religieuse. Les autorités justifient cette décision par le caractère « politique » de l’événement, estimant qu’une enquête préalable est nécessaire.
La messe devait se tenir lundi à la cathédrale Rubaga, pour prier en faveur de la santé et de la libération de Kizza Besigye. Certains fidèles s’étaient déjà rassemblés sur place lorsque l’annonce a été faite. L’épouse de l’opposant a dénoncé cette mesure comme une atteinte au droit à la liberté de culte et à la liberté d’expression.
Kizza Besigye, ancien médecin personnel de Museveni devenu l’un de ses principaux opposants, avait été enlevé en novembre 2024 à Nairobi, au Kenya, avant de réapparaître quelques jours plus tard devant un tribunal militaire en Ouganda. Sa détention, qui dure depuis près de quinze mois, est marquée selon ses proches par une détérioration de son état de santé, et ses demandes de libération sous caution ont été systématiquement rejetées.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes en Ouganda, où le gouvernement surveille étroitement les activités de l’opposition et limite toute manifestation perçue comme une contestation du pouvoir en place.
La Rédaction

