Une opération de police menée dans le district de Wakiso a permis de secourir 37 mineurs et jeunes adultes séquestrés sous couvert d’un faux programme d’éducation chrétienne. Une affaire qui illustre la sophistication croissante des réseaux de traite exploitant la précarité sociale en Afrique de l’Est.
Les forces de sécurité ougandaises ont annoncé avoir démantelé un réseau présumé de traite des êtres humains à la suite d’une opération menée mercredi dans le quartier de Kiteezi, dans le district de Wakiso, au centre du pays. Trente-sept personnes, dont des enfants et de jeunes adultes, ont été libérées d’une maison où elles étaient retenues dans des conditions jugées préoccupantes.
L’enquête ouverte par la police vise à déterminer l’ampleur du dispositif et les ramifications éventuelles de ce réseau, dont le mode opératoire repose sur l’abus de confiance et la manipulation sociale.
L’alibi religieux comme outil de recrutement
Au cœur de l’affaire figure un suspect identifié par les autorités comme Kandekere Passy Andrew, responsable d’une structure religieuse dénommée Christ Way Generation Ministries. Selon les enquêteurs, cette organisation aurait servi de couverture à un système de recrutement frauduleux.
Le mécanisme présumé reposait sur des promesses de bourses d’études, d’assistance financière et de prise en charge éducative destinées à des familles vulnérables. Une fois isolées de leur environnement familial, les victimes auraient été transférées vers un site de regroupement dans la région de Wakiso.
Des victimes issues de plusieurs régions du pays
Les 37 personnes secourues comprennent 23 filles et 14 garçons âgés de 7 à 20 ans. Elles proviennent de plusieurs districts ougandais, notamment Luweero, Kamuli, Buyende, Kole, Apac, Jinja, Kikuube et Napak, révélant l’étendue géographique du réseau de recrutement.
Les autorités ont indiqué que l’intervention a été rendue possible grâce à l’alerte de riverains ayant signalé des mouvements suspects autour de la propriété.
Des facteurs structurels de vulnérabilité
Au-delà du cas individuel, les organisations de défense des droits humains rappellent que ces situations s’inscrivent dans un contexte plus large de vulnérabilité sociale. La pauvreté, l’insécurité alimentaire et les difficultés d’accès à l’éducation secondaire dans certaines zones rurales constituent des facteurs aggravants.
Ces conditions favorisent l’émergence de mécanismes de recrutement fondés sur de fausses promesses d’emploi ou de formation, qui piègent particulièrement les jeunes filles et les adolescents.
Des ramifications transfrontalières vers le Kenya
Les premières investigations suggèrent également une dimension régionale du réseau. L’Ouganda est régulièrement identifié comme un pays d’origine pour des filières de traite opérant vers les pays voisins, notamment le Kenya.
Le quartier de Kamukunji, à Nairobi, est fréquemment cité par les organisations internationales comme un point de transit et d’exploitation pour des victimes issues de la région. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si certaines des victimes secourues étaient destinées à être acheminées vers ce circuit transfrontalier.
La Rédaction

