Le président ivoirien Alassane Ouattara est rentré à Abidjan ce jeudi 17 juillet 2025 après un séjour à Paris, marqué par un déjeuner de travail avec Emmanuel Macron à l’Élysée. Une rencontre qui intervient à quelques mois de la présidentielle en Côte d’Ivoire, dans un contexte politique marqué par les tensions.
Un échange bilatéral dans un moment délicat
Les autorités ivoiriennes ont confirmé que la rencontre du mercredi 16 juillet portait sur des « sujets bilatéraux, régionaux et internationaux ». Une formule diplomatique classique, mais qui ne masque pas l’intérêt stratégique de ce tête-à-tête, alors que le climat politique ivoirien reste tendu à l’approche du scrutin présidentiel d’octobre.
Si aucun détail précis n’a été dévoilé, plusieurs analystes estiment que la question de l’inclusivité du processus électoral a forcément été évoquée. Emmanuel Macron, soucieux de la stabilité régionale, pourrait avoir abordé les préoccupations liées aux exclusions politiques qui suscitent l’inquiétude de l’opposition et de la société civile.
L’opposition espère une pression discrète de Paris
À Abidjan, l’opposition multiplie les appels à la communauté internationale. Plusieurs figures majeures – Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé ou encore Tidjane Thiam – sont pour l’instant exclues du processus électoral, en raison de condamnations judiciaires ou de radiations administratives.
Ces exclusions, dénoncées comme arbitraires par leurs partisans, alimentent une frustration grandissante. Nombreux sont ceux qui espèrent que la France, partenaire historique de la Côte d’Ivoire, jouera un rôle dans la facilitation d’un climat politique plus ouvert. Officiellement, Paris adopte cependant une posture de neutralité, respectant la souveraineté des institutions ivoiriennes.
La présidentielle se précise
La Commission électorale indépendante (CEI) a ouvert la période de dépôt des candidatures du 25 juillet au 26 août 2025. Le compte à rebours est donc lancé. À moins d’un revirement politique ou d’un dialogue de dernière minute, les principaux candidats de l’opposition risquent de rester en marge du scrutin.
Dans ce contexte, la rencontre entre Emmanuel Macron et Alassane Ouattara prend tout son sens : elle illustre à la fois l’importance stratégique de la Côte d’Ivoire pour la France et la complexité des équilibres politiques en Afrique de l’Ouest.
La Rédaction

