Les États-Unis ont récemment exprimé leur soutien à l’attribution de deux sièges permanents pour des nations africaines au Conseil de sécurité de l’ONU. Cette proposition a été annoncée par Linda Thomas-Greenfield, l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, lors d’un discours au Conseil des relations extérieures.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la déclaration faite par le président Joe Biden il y a deux ans, qui appelait à un élargissement de cet organe composé de 15 membres. Actuellement, l’Afrique ne dispose que de trois sièges non permanents, ce qui, selon Thomas-Greenfield, n’offre pas une représentation suffisante pour les pays africains.
Toutefois, la diplomate a précisé que les nouveaux membres africains permanents ne bénéficieront pas du droit de veto, un mécanisme qu’elle considère comme un obstacle au bon fonctionnement du Conseil. Cette position montre la réticence de Washington à accorder un pouvoir de veto supplémentaire, malgré son soutien à un élargissement.
La réforme du Conseil de sécurité, qui reste inchangé depuis 1945, fait consensus sur le besoin de refléter les réalités du XXIe siècle. Cependant, des désaccords persistent quant à la manière de la mettre en œuvre. Le Conseil est actuellement composé de 10 membres non permanents sans droit de veto, et de 5 membres permanents — les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni — qui possèdent ce privilège.
Le droit de veto de la Russie a récemment bloqué toute action du Conseil sur la guerre en Ukraine, tandis que le soutien des États-Unis à Israël a limité les résolutions concernant Gaza. Ces exemples illustrent les défis auxquels fait face l’organe onusien.
Malgré des tentatives de réforme lancées dès 1979, la question demeure toujours source de divisions profondes entre les États membres. En 2022, le président Biden avait déjà plaidé pour un Conseil élargi, incluant des sièges permanents pour des pays africains, latino-américains, et caribéens, en plus de l’Allemagne, du Japon et de l’Inde. Thomas-Greenfield n’a pas explicitement mentionné ces dernières régions dans son discours, mais un officiel américain a confirmé que les États-Unis maintiennent leur soutien à ces candidats.
En plus de la représentation régionale, les États-Unis appuient également l’ajout d’un siège rotatif pour les petits États insulaires en développement. Ces 39 nations, qui regroupent 65 millions de personnes, jouent un rôle crucial dans les discussions sur la paix et la sécurité, notamment en ce qui concerne les changements climatiques.
Pour avancer vers cette réforme, les États-Unis ont exprimé leur intention de formaliser leurs propositions dans une résolution. Cependant, Linda Thomas-Greenfield a souligné qu’un consensus parfait entre les 193 États membres de l’ONU est peu probable, bien qu’elle reste optimiste quant aux progrès à venir.
La Rédaction

