Produire de l’électricité, rafraîchir les pièces et fournir de l’eau chaude sans dépendre entièrement du réseau : une étude publiée dans Scientific Reports explore cette possibilité pour les habitations rurales du nord du Nigeria. Les résultats sont prometteurs, mais reposent encore sur une simulation informatique.
Dans les régions rurales du Nigeria, l’accès à une énergie fiable demeure un obstacle au confort domestique et au développement économique. Une équipe de chercheurs propose une solution associant panneaux solaires photovoltaïques-thermiques, petite éolienne et dispositifs de stockage pour répondre simultanément aux besoins électriques et thermiques d’une habitation.
Selon l’étude publiée le 21 octobre 2026 dans Scientific Reports, le système simulé pourrait couvrir 98,7 % de la demande annuelle d’électricité d’une maison, tout en assurant une production d’eau chaude et de refroidissement.
Trois besoins énergétiques dans un même système
Contrairement à une installation photovoltaïque classique, les capteurs hybrides produisent de l’électricité et récupèrent la chaleur solaire. L’éolienne complète cette production lorsque les conditions météorologiques le permettent.
Les chercheurs ont modélisé le fonctionnement horaire d’une habitation consommant 2 057 kilowattheures d’électricité et nécessitant 4 343 kilowattheures de refroidissement par an.
Cette approche cherche à répondre aux contraintes des régions chaudes, où les besoins de rafraîchissement peuvent peser lourdement sur la consommation énergétique.
Un coût encourageant, mais théorique
Le coût actualisé de l’électricité produite est estimé à 0,155 dollar par kilowattheure, soit environ 87 FCFA à titre indicatif. Après optimisation, il pourrait descendre à 0,149 dollar, soit environ 84 FCFA.
Le délai de retour sur investissement est évalué à 8,3 ans. Ces résultats dépendent toutefois des hypothèses retenues concernant les équipements, leur durée de vie et les conditions d’exploitation.
La réalité rurale reste à éprouver
L’étude repose sur une simulation réalisée avec le logiciel TRNSYS, et non sur une installation suivie pendant plusieurs années.
Les coûts initiaux, l’accès au financement, l’entretien des batteries et la disponibilité des techniciens pourraient modifier sensiblement les performances économiques du dispositif.
Cette recherche ouvre néanmoins une piste intéressante pour les territoires éloignés des réseaux électriques. Son principal enseignement est qu’une production énergétique locale peut être pensée autour de plusieurs besoins domestiques, plutôt que de la seule fourniture d’électricité.
Avant une diffusion à grande échelle, des expérimentations en conditions réelles devront confirmer sa fiabilité, son coût et son adaptation aux revenus des ménages ruraux.
La Rédaction

