Au Caire, États africains et OIM appellent à une approche plus inclusive et structurée de la migration, dans le cadre du Pacte mondial des Nations unies.
Une plateforme africaine pour repenser les migrations
Un sommet consacré aux migrations s’est tenu mercredi en Égypte, réunissant plusieurs pays africains engagés dans la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. La rencontre s’inscrit dans une dynamique de concertation continentale visant à renforcer la coordination des politiques migratoires et à harmoniser les positions africaines sur la scène internationale.
L’objectif affiché est clair : faire émerger une approche commune permettant à l’Afrique de peser davantage dans les mécanismes globaux de gouvernance des migrations.
L’Afrique revendiquée comme acteur central
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a insisté sur la nécessité de repositionner l’Afrique dans les débats internationaux. Selon lui, le continent ne doit plus être perçu uniquement comme un espace de départ ou de transit, mais comme un partenaire à part entière dans la conception des politiques migratoires mondiales.
Il a souligné l’existence d’une opportunité stratégique pour l’Afrique de renforcer son influence, notamment en proposant des solutions adaptées aux réalités économiques, sociales et sécuritaires du continent.
Le débat sur le financement de l’accueil des réfugiés
Abordant la question des réfugiés, le chef de la diplomatie égyptienne a exprimé des réserves sur le niveau actuel de l’aide internationale. Il estime que les soutiens financiers reçus restent insuffisants pour répondre aux besoins générés par l’accueil des populations déplacées sur le territoire égyptien.
Il a toutefois précisé que cette critique ne visait pas un intérêt national direct, mais la nécessité de garantir de meilleures conditions de protection et d’assistance aux réfugiés eux-mêmes.
L’OIM plaide pour une migration structurée et utile
La directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, a pour sa part salué le rôle croissant de l’Afrique dans les discussions mondiales sur la migration. Elle a rappelé que les déplacements humains ne doivent pas être uniquement perçus sous l’angle des contraintes, mais aussi comme un levier de développement.
Selon elle, la mise en place de voies de migration sûres et régulières est essentielle, tant pour répondre aux besoins humanitaires que pour accompagner les dynamiques économiques, notamment en matière de main-d’œuvre et d’innovation.
Vers une position africaine commune
Les échanges ont également porté sur le renforcement de la mise en œuvre du Pacte mondial et sur le partage de bonnes pratiques entre États africains. Les participants cherchent à consolider une position commune en amont du prochain Forum international prévu à New York.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de structuration des politiques migratoires africaines et de leur meilleure intégration dans les cadres multilatéraux.
La Rédaction

