Selon un rapport récent, la crise alimentaire au Nigeria pourrait toucher plus de 33 millions de personnes l’an prochain, marquant une hausse inquiétante alors que l’inflation des denrées alimentaires atteint des niveaux record. La combinaison de l’instabilité politique, du changement climatique et de l’effondrement du naira a plongé des millions de Nigérians dans une précarité alimentaire aiguë.
Le rapport “Cadre harmonisé” – élaboré par des experts locaux, des agences de l’ONU et de grandes ONG – dresse deux fois par an un état des lieux de la nutrition dans 26 États, particulièrement dans le nord et le centre du Nigeria, où les crises sont endémiques. Actuellement, 25,1 millions de Nigérians sont confrontés à une insécurité alimentaire intense, malgré la récente saison des récoltes, marquée par des inondations destructrices et la flambée des prix.
Ce nombre pourrait grimper à 33,1 millions en 2024, alors que l’effondrement de la monnaie nigériane alourdit encore le coût des importations alimentaires, et que la suppression des subventions aux carburants affecte gravement les coûts de transport et de distribution.
Le Nigeria subit depuis des années les répercussions des violences, particulièrement dans le nord-est, ravagé par des insurrections islamistes et des gangs criminels. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique et de la déforestation, qui exacerbent la désertification et alimentent des conflits entre communautés agricoles et éleveurs nomades. La dévaluation du naira et la récente fin des subventions sur le carburant ont également contribué à l’explosion des prix alimentaires, avec une inflation annuelle de 40,9% en juin dernier.
Pour faire face à cette crise, le gouvernement a temporairement suspendu certains droits de douane sur les importations alimentaires. Cependant, les Nations unies appellent la communauté internationale et le gouvernement nigérian à intensifier leurs efforts pour atténuer cette situation de plus en plus critique.
La Rédaction

