Entre pénuries, contrôle renforcé et menaces transfrontalières, la capitale burundaise voit sa vie quotidienne bouleversée.
Une ville où le temps semble ralentir
Au bord du lac Tanganyika, Bujumbura s’étend entre collines et rives, avec une apparente sérénité qui cache une réalité fragile. Dans certains restaurants, commander du mukeke, un poisson endémique du lac, peut prendre près d’une heure, car il faut d’abord aller le chercher au marché avant de le cuisiner. Cette lenteur illustre les difficultés économiques qui affectent le quotidien des habitants.
La crise économique qui frappe le quotidien
Depuis la pandémie de Covid-19 en 2020, le Burundi a vu sa vulnérabilité augmenter. La dévaluation du franc burundais en 2023, qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar depuis 2016, a provoqué une hausse des prix et favorisé le marché noir. Les files d’attente pour le carburant sont longues et les hôtels doivent composer avec des coupures d’électricité fréquentes, limitant l’eau courante dans les chambres. La fermeture répétée de la frontière avec le Rwanda a également perturbé le commerce et réduit l’afflux touristique vers les parcs nationaux proches de la ville.
Une surveillance constante dans l’espace public
La pression politique complique encore la vie quotidienne. Les manifestations de 2025 contre l’exclusion de l’opposition lors des élections parlementaires ont été réprimées par la force, et les forces de sécurité sont omniprésentes dans les rues. Chaque déplacement demande prudence et vigilance, et observateurs ou journalistes se heurtent à une surveillance permanente.
La menace des conflits régionaux
À ces difficultés internes s’ajoute la proximité du conflit en République démocratique du Congo. La province du Sud-Kivu, à seulement 42 minutes de Bujumbura, reste affectée par les attaques du Mouvement du 23 mars. Le Burundi soutient le gouvernement de Kinshasa et accuse le Rwanda d’orchestrer des activités paramilitaires destinées à déstabiliser la région. Cette situation transforme la vie quotidienne en une succession de précautions silencieuses, où chaque mouvement est potentiellement surveillé.
Une vie quotidienne bouleversée
Entre rareté des biens, restrictions économiques, autoritarisme et instabilité régionale, Bujumbura continue de fonctionner, mais la vie y est profondément perturbée. Chaque geste et chaque déplacement témoignent de la fragilité de la capitale et des défis que doivent affronter ses habitants au quotidien.
La Rédaction

