À Abuja, la voix des femmes nigérianes s’est élevée lundi pour dénoncer leur faible présence dans les institutions nationales. Cette mobilisation citoyenne a mis en avant une revendication centrale : l’instauration de sièges parlementaires réservés aux femmes afin de corriger un déséquilibre persistant.
Un parlement largement dominé par les hommes
Avec seulement 4 sénatrices sur 109 sièges et 16 élues sur 360 députés, le Nigeria reste loin derrière plusieurs pays africains qui appliquent des quotas de genre, comme le Rwanda ou le Sénégal. Pour de nombreuses organisations féminines, ce retard prive la société d’une diversité essentielle dans la prise de décision.
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Le « Special Seats Bill » au cœur des revendications
La manifestation d’Abuja avait pour objectif de soutenir un amendement constitutionnel baptisé « Special Seats Bill », qui instaurerait dans chaque État fédéré, ainsi qu’au sein du territoire de la capitale, un siège réservé aux femmes dans les deux chambres législatives. Les organisatrices affirment qu’une telle mesure permettrait de renforcer la participation des femmes aux débats nationaux sur la santé, l’éducation ou encore l’inclusion économique.
Des soutiens politiques et une contestation du sexisme
Parmi les voix favorables à cette réforme figure la ministre des Affaires féminines, Hajiya Imaan Sulaiman-Ibrahim, qui a apporté son appui aux manifestantes. Cette mobilisation intervient également dans un contexte tendu : le cas de la sénatrice Natasha Akpoti-Uduaghan, suspendue après avoir dénoncé des comportements sexistes, a récemment relancé le débat sur la place des femmes dans la vie politique.
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Une bataille pour l’égalité démocratique
Les participantes soulignent que le Nigeria, plus grande démocratie d’Afrique, ne peut prétendre à une véritable représentativité sans une meilleure inclusion des femmes. Leur action marque une nouvelle étape dans la lutte contre les barrières institutionnelles et culturelles qui freinent leur accès au pouvoir.
La Rédaction

