Le Nigeria fait une fois de plus face aux ravages des crues dévastatrices. Trois semaines après une inondation éclair d’une violence inouïe dans l’État du Niger, le bilan humain continue de s’alourdir. À Mokwa, épicentre du drame, plus de 700 personnes sont encore portées disparues, selon les autorités locales.
Une catastrophe d’une ampleur dramatique
Fin mai, après plusieurs heures de pluies torrentielles, la ville de Mokwa, située à quelque 300 kilomètres à l’est d’Abuja, a été submergée par une crue éclair. Les flots ont détruit environ 400 habitations, emporté des centaines de vies et contraint plus de 3 000 personnes à fuir.
Le dernier bilan officiel fait état de 207 corps retrouvés. Mais les recherches se poursuivent dans des conditions difficiles, comme l’a confirmé Yakubu Garba, le vice-gouverneur de l’État du Niger. « Plus de 700 personnes sont toujours portées disparues et nous devons toujours établir où elles sont », a-t-il déclaré mercredi.
Une tragédie récurrente
Chaque année, les inondations frappent le Nigeria à l’ouverture de la saison des pluies, exposant la fragilité d’un pays où les infrastructures hydrauliques peinent à suivre l’urbanisation galopante. Les experts pointent du doigt le manque de systèmes de drainage, la construction anarchique près des cours d’eau et les déchets qui obstruent les canalisations.
En 2024, ces failles avaient déjà coûté la vie à plus de 300 personnes, provoquant le déplacement d’un million d’habitants dans 34 des 36 États de la fédération, d’après l’ONU.
Une alerte climatique nationale
Le phénomène s’aggrave d’année en année, alimenté par les effets du changement climatique. L’agence météorologique nigériane alerte déjà sur de potentielles nouvelles crues dans presque tous les États du pays au cours de cette saison des pluies.
Face à ce défi, les autorités locales, en partenariat avec les agences humanitaires, peinent à coordonner les secours et à établir un plan de reconstruction. Pendant ce temps, à Mokwa, les familles de disparus attendent, dans l’angoisse et le silence, un miracle.
La Rédaction

