La détention de Mohamed Bazoum continue de susciter l’indignation sur la scène internationale. Lundi, les Nations unies ont qualifié son emprisonnement d’« arbitraire », exigeant sa libération immédiate. Ses avocats, de leur côté, dénoncent des conditions de rétention inhumaines et appellent à une pression accrue sur la junte au pouvoir.
Un isolement total dénoncé
Renversé le 26 juillet 2023 par un coup d’État militaire mené par le général Abdourahamane Tiani, Mohamed Bazoum est détenu avec son épouse Hadiza dans une aile de la résidence présidentielle à Niamey. Selon le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, cette privation de liberté est injustifiée et constitue une violation flagrante des droits fondamentaux. L’organisation demande non seulement leur libération immédiate, mais aussi la reconnaissance de leur droit à obtenir réparation.
Reed Brody, avocat de l’ancien président, souligne la précarité des conditions de détention : « Ils n’ont aucun contact avec le monde extérieur depuis la confiscation de leur téléphone en octobre 2023. Seul un médecin leur rend visite pour leur apporter de la nourriture et des médicaments. »
Des accusations rejetées par la junte
Le régime militaire justifie cette détention en accusant Mohamed Bazoum d’avoir conspiré avec des puissances étrangères pour fomenter une attaque contre le Niger. Des accusations qualifiées de fallacieuses par ses avocats, qui dénoncent un maintien en détention purement politique.
En décembre 2023, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait déjà ordonné sa libération, mais cette décision est restée lettre morte. Depuis, Niamey a quitté l’organisation régionale, renforçant son isolement diplomatique.
Une pression internationale croissante
L’avis des Nations unies pourrait-il changer la donne ? Pour Reed Brody, l’impact dépendra de la volonté de la communauté internationale d’agir face à un régime qui « bafoue le droit international ». Il prévient toutefois : « Un refus de se conformer à cette injonction onusienne ne fera qu’accentuer l’isolement de la junte. Le monde observe. »
Alors que Mohamed Bazoum revendique toujours son statut de président légitime, la pression s’intensifie sur les autorités de Niamey. Mais la junte, déterminée à asseoir son pouvoir, reste sourde aux appels internationaux.
La Rédaction

