Depuis août 2021, le sud-est du Nigeria vit au rythme d’un conflit sans front déclaré. En quatre ans, plus de 700 personnes ont été tuées dans les États d’Imo, Abia, Anambra, Ebonyi et Enugu, selon un rapport publié le 26 mai 2025 par le cabinet indépendant SBM Intelligence. Ces morts sont directement liées aux mesures coercitives imposées par le mouvement séparatiste IPOB (Peuple autochtone du Biafra), à travers les fameux ordres de « sit-at-home ».
Ces journées de confinement hebdomadaire avaient été instaurées pour exiger la libération du chef de l’IPOB, Nnamdi Kanu, arrêté et actuellement jugé à Abuja pour des accusations de terrorisme. Si ces actions se présentaient d’abord comme des formes de désobéissance civile, elles ont rapidement basculé dans la violence armée.
Des factions proches du mouvement ont continué d’imposer ces mesures par la force, bien après leur suspension officielle. Les méthodes sont brutales : pillages, incendies criminels, exécutions sommaires, attaques contre les civils. Rien qu’en mai 2025, au moins 30 voyageurs ont été tués lors d’une embuscade dans l’État d’Imo. Amnesty International a condamné ces violences, pointant du doigt des groupes armés se réclamant de l’IPOB.
En plus du lourd tribut humain, les pertes économiques sont colossales : plus de 7 600 milliards de nairas, soit près de 4,8 milliards de dollars, selon les estimations de SBM. Commerces, écoles et transports publics sont régulièrement paralysés, alimentant un climat de peur généralisée.
Du côté de l’IPOB, les accusations sont rejetées. Le groupe affirme que les violences sont commises par des criminels infiltrés ou manipulés par les autorités nigérianes. Mais dans les faits, la confusion règne, et les civils sont pris entre les tirs croisés d’un gouvernement opaque et de groupes séparatistes militarisés.
Malgré les annonces de la police nigériane sur un affaiblissement de l’IPOB, les attaques se poursuivent. Le procès de Nnamdi Kanu, jugé inéquitable par plusieurs ONG, alimente la colère d’une partie de la population qui voit dans ce procès une manœuvre politique plus qu’un acte de justice.
La Rédaction

