Au Niger, l’oignon et l’huile, piliers de la cuisine quotidienne, connaissent une hausse vertigineuse des prix, provoquant un véritable casse-tête pour les consommateurs et les commerçants. Cette envolée illustre les fragilités économiques d’un pays où les aléas climatiques et les tensions commerciales mettent à rude épreuve les ménages.
Dans les marchés de Niamey, les plaintes fusent. Idrissa, restaurateur, lutte pour maintenir son activité. « Le petit seau d’oignons qui coûtait 2 000 FCFA est maintenant à 5 000 FCFA. Impossible de tenir ainsi. » Cette hausse, due à une baisse de l’offre, oblige les commerçants à répercuter leurs pertes sur les clients.
Des champs noyés et des prix qui s’envolent
L’oignon, pourtant cultivé en abondance au Niger, est frappé de plein fouet par les conséquences des inondations survenues lors de la saison des pluies. Des milliers d’hectares de cultures maraîchères ont été submergés, réduisant considérablement la production nationale. Cette pénurie, combinée à une forte demande, a fait grimper les prix en flèche.
Le Niger, considéré comme l’un des plus grands producteurs d’oignon en Afrique de l’Ouest, voit désormais sa production annuelle de 500 000 tonnes lourdement impactée. Cette situation met en lumière la dépendance de l’économie nationale à une agriculture vulnérable aux chocs climatiques.
L’huile : l’autre casse-tête
Outre l’oignon, l’huile, principalement importée, subit également une hausse spectaculaire. Le litre, vendu à 1 100 FCFA il y a quelques mois, atteint aujourd’hui jusqu’à 1 500 FCFA. Cette flambée résulte de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, aggravées par la fermeture de la frontière nigéro-béninoise en 2023, principale voie d’entrée des marchandises pour le Niger.
Bien qu’une récente décision du Bénin autorise la reprise des exportations vers le Niger, l’impact reste encore limité sur les marchés locaux. Les consommateurs, eux, redoutent que cette inflation ne devienne structurelle.
Un quotidien sous pression
Pour les familles, la situation devient intenable. « Tout est hors de prix. Si rien n’est fait, on ne pourra plus nourrir nos enfants correctement », déclare Mariama, mère de trois enfants, au marché de Dolé. Ces augmentations mettent en lumière l’urgence pour les autorités de prendre des mesures structurelles, qu’il s’agisse de sécuriser les cultures face aux aléas climatiques ou d’assurer un approvisionnement stable des produits importés.
Alors que les prix continuent de grimper, la pression s’accentue sur un gouvernement déjà confronté à de nombreux défis. Stabiliser les coûts des denrées de première nécessité apparaît aujourd’hui comme une priorité pour préserver la cohésion sociale dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
La Rédaction

