“Un partenariat déséquilibré et peu rentable.”
C’est ainsi que les autorités gabonaises justifient leur décision de mettre fin à l’accord de pêche conclu avec l’Union européenne. En vigueur depuis 2007 et reconduit en 2021 pour six ans, ce protocole permettait aux flottes européennes d’exploiter les ressources halieutiques du pays. Désormais, il est officiellement rompu.
Dans un communiqué publié le 6 juin 2025, le gouvernement gabonais a dénoncé un partenariat désavantageux, affirmant que les recettes tirées de cet accord sont loin de compenser la valeur réelle des captures. Le président Brice Oligui Nguema a pointé du doigt les coûts de surveillance supportés par le Gabon, jugés trop lourds face aux faibles retombées économiques.
« Nous devons reprendre le contrôle de nos ressources et faire en sorte qu’elles profitent véritablement à notre économie », a affirmé une source proche de la présidence.
Vers une pêche nationale renforcée
L’arrêt de cet accord ouvre la voie à une révision stratégique de la politique halieutique gabonaise. Selon plusieurs médias locaux, Libreville envisage de négocier de nouveaux partenariats mieux alignés avec les intérêts nationaux, voire de relocaliser une partie des activités de pêche.
L’objectif est clair : porter la contribution de la pêche au PIB gabonais au-delà de 15 % d’ici 2026, contre un niveau actuel modeste. C’est ce qu’indique également le document d’information de l’emprunt obligataire émis par le Gabon en 2024 sur le marché de la CEMAC.
Un signal politique fort
Au-delà de la dimension économique, cette rupture marque un tournant dans les relations entre le Gabon et ses partenaires européens. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de souveraineté économique et de revalorisation des ressources nationales. Le geste est fort, et nul doute qu’il sera suivi de près par d’autres pays d’Afrique centrale confrontés aux mêmes déséquilibres dans leurs accords de pêche.
La Rédaction

