Le Niger affirme sa souveraineté sur ses ressources stratégiques. Le pays a annoncé qu’il allait désormais commercialiser son uranium sur le marché international, suite à la nationalisation de la Somaïr, filiale locale du groupe français Orano. Cette décision marque la rupture définitive avec la France et reflète la volonté de Niamey de gérer directement ses richesses naturelles.
Une affirmation de souveraineté
Depuis le coup d’État de juillet 2023, la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani a entrepris de reprendre le contrôle des secteurs économiques clés. La nationalisation de Somaïr, jusqu’alors majoritairement détenue par Orano, s’inscrit dans cette logique. Selon les déclarations officielles, le Niger entend exploiter et vendre ses ressources « en toute indépendance et selon les règles du marché ».
L’uranium nigérien représente un enjeu stratégique majeur. Le gisement d’Imouraren, l’un des plus vastes au monde avec près de 200 000 tonnes de réserves, et la mine de Somaïr placent le Niger parmi les principaux producteurs mondiaux, avec près de 5 % de la production globale d’uranium.
Une ouverture vers de nouveaux partenaires
Le bras de fer avec Orano, dont le capital est largement détenu par l’État français, illustre la volonté du Niger de diversifier ses relations économiques. La junte nigérienne se dit ouverte à de nouveaux partenariats internationaux et pourrait se tourner vers des pays comme la Russie ou l’Iran, déjà intéressés par l’exploitation de l’uranium nigérien.
Des sources locales rapportent que 1 000 tonnes d’uranium ont récemment quitté le site d’Arlit pour rejoindre le port de Lomé au Togo, en transitant par le Burkina Faso, témoignant de la mise en œuvre concrète de cette nouvelle stratégie.
Une décision aux répercussions internationales
En prenant le contrôle direct de la commercialisation de son uranium, le Niger envoie un message fort sur sa souveraineté et sa volonté de s’affirmer face aux anciens partenaires coloniaux. Cette initiative pourrait redessiner les équilibres géopolitiques et économiques autour de l’uranium africain, tout en renforçant la position du Niger sur le marché mondial des ressources stratégiques.
La Rédaction

