À Niamey, un projet innovant prend la route pour réduire la fracture numérique. Le Programme Villages Intelligents déploie un bus équipé pour former la population aux outils informatiques. Dans ce véhicule qui sillonne les quartiers, chaque passager découvre l’essentiel pour s’initier au numérique. Guidés par un formateur, les participants acquièrent des connaissances précieuses, applicables à la vie quotidienne, que ce soit pour déclarer une naissance ou accéder aux services financiers.
Face aux défis de connectivité dans le pays, l’idée de faire venir la technologie aux citoyens s’impose. « Si vous n’allez pas au numérique, c’est le numérique qui vient à vous », résume la vision de l’Agence Nationale de la Société de l’Information, sous l’égide de la Présidence du Niger. Malgré l’expansion d’internet, 6 000 localités restent sans accès. Le projet, soutenu par un financement de 100 millions de dollars de la Banque mondiale, couvre la période 2019-2025 et vise à combler ce manque par des solutions mobiles.
D’apparence banale, le bus cache un centre de formation complet, où les participants apprennent à utiliser des logiciels tels que Word et Excel et découvrent les moyens de paiement numérique. Abdoulaye Maiga, responsable du bus, souligne : « C’est toute une école qui se déplace de quartier en quartier pour initier les citoyens aux bases de l’informatique et aux services numériques. » La formation est ouverte et gratuite pour tous les Nigériens de 15 ans et plus.
L’impact de cette initiative est significatif, notamment pour les habitants des zones rurales souvent éloignées des services essentiels. Bouliamine Bouaif, l’un des participants, raconte : « L’informatique peut faire progresser notre pays, et c’est cela qui m’a motivé. J’ai déjà appris beaucoup. » À ce jour, 40 000 personnes ont été formées, dont 80 % de femmes, grâce à 113 centres déployés à travers le Niger, d’après Amsatou Yahaya, spécialiste senior finance numérique.
Au-delà des compétences techniques, le programme vise aussi à faciliter l’inclusion financière et à rapprocher les services administratifs des populations. Dans un pays où 83 % des citoyens vivent en milieu rural, la majorité des naissances ne sont pas déclarées en raison de l’éloignement des bureaux administratifs. La formation mobile, d’une durée de 15 jours, est couronnée par une attestation, stimulant la motivation des participants.
Abdou Salam, un autre apprenant, exprime sa gratitude : « C’est une opportunité unique pour nous, les jeunes. Ces compétences sont aujourd’hui indispensables, que ce soit pour décrocher un emploi ou entreprendre. » L’objectif ultime, selon Abdou Kané, coordonnateur du projet, est de rendre le numérique et ses applications (santé, éducation, agriculture) accessibles au plus grand nombre, en intégrant ces technologies au quotidien des Nigériens.
Cette initiative illustre la volonté de faire du numérique un levier de développement inclusif, rapprochant des milliers de citoyens d’un avenir plus connecté.
La Rédaction

