Le Soudan du Sud a officiellement relancé sa production de pétrole le 8 janvier 2025, après près d’un an d’interruption due à la rupture d’un oléoduc stratégique reliant le pays au Soudan, toujours en proie à une guerre civile. Cette étape est cruciale pour ce pays enclavé, dont l’économie repose à 90 % sur les exportations d’hydrocarbures.
Une reprise progressive et stratégique
Les activités ont repris dans les blocs 3 et 7, exploités par le consortium Dar Petroleum Operating Company (DPOC). Le ministre du Pétrole, Puot Kang Chol, avait annoncé cette reprise comme un moment décisif, déclarant que son ministère exigeait une relance immédiate et sans délai. Selon les premières estimations, la production atteint désormais 90 000 barils par jour, conformément aux objectifs fixés pour les six premiers mois.
Avant l’interruption, le pays produisait environ 150 000 barils par jour. Le gouvernement espère progressivement retrouver ce niveau, bien que les défis techniques et logistiques liés à la reprise soient nombreux.
Une économie encore sous pression
La suspension de la production en février 2024 avait amplifié une crise économique déjà grave, entraînant une flambée des prix, un effondrement de la livre sud-soudanaise, et une aggravation des conditions de vie pour une population dont la majorité vit sous le seuil de pauvreté.
Cette reprise offre une bouffée d’air frais, mais les défis structurels persistent. Une grande partie des revenus pétroliers est détournée à des fins personnelles ou politiques dans ce pays classé parmi les plus corrompus au monde (177e sur 180 selon Transparency International).
Dépendance aux infrastructures soudanaises
Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud a hérité de 75 % des réserves pétrolières de l’ancien Soudan unifié. Cependant, il reste dépendant des infrastructures de son voisin pour exporter son brut, un facteur qui fragilise encore davantage son économie.
La levée officielle du statut de « force majeure » par le gouvernement soudanais début janvier 2025, après des mois de négociations, a permis la réouverture de l’oléoduc. Néanmoins, les tensions entre les deux pays et l’instabilité dans les zones traversées par l’oléoduc continuent de peser sur l’avenir du secteur pétrolier.
Une lueur d’espoir à consolider
Pour le Soudan du Sud, la reprise de la production est un pas important vers la stabilisation économique. Toutefois, les autorités devront garantir une gestion plus transparente des revenus pétroliers pour éviter de reproduire les erreurs du passé.
Alors que le pays vise un retour à une production de 150 000 barils par jour, cette relance ne suffira pas à elle seule à redresser une économie en grande difficulté. Une diversification des ressources et une meilleure gouvernance restent indispensables pour transformer la richesse pétrolière en bénéfices durables pour la population.
La Rédaction

