La première édition de la Semaine de la volaille s’est tenue à Niamey du 24 au 30 décembre, offrant une vitrine unique aux éleveurs locaux pour promouvoir une aviculture nigérienne ambitieuse et autosuffisante. Organisée par l’ONG « Poulailler du Pays », cette initiative vise à réduire la dépendance aux importations, qui couvrent actuellement près de 70 % de la consommation nationale.
Valoriser un cheptel sous-exploité
Avec un cheptel avicole de 9,5 millions de têtes, le Niger dispose du second plus grand cheptel après celui des petits ruminants. Pourtant, la production locale de volaille peine à répondre à la demande nationale. Aïcha Ibrahim, venue de Maradi avec une cinquantaine de poulets élevés avec le soutien d’une ONG, se montre optimiste : « J’ai déjà vendu une grande partie de mes poulets. Ce genre d’initiative est crucial pour nous, éleveurs locaux. »
Entre défis et opportunités
L’Institut national des statistiques souligne que l’aviculture, bien que prometteuse, reste dominée par des pratiques traditionnelles aux rendements limités. Les races locales, représentant 54,7 % du cheptel, sont souvent moins performantes que les variétés commerciales. Une étude de 2022 a d’ailleurs mis en lumière la faible productivité des poules locales, suggérant des pistes d’amélioration comme le croisement ou la sélection génétique.
Les aviculteurs doivent également faire face à des crises sanitaires, notamment les foyers de grippe aviaire détectés en 2022 dans les régions de Tahoua et de Niamey, qui ont entraîné l’abattage de 10 000 volailles. Malgré ces obstacles, Islamane Attaib, éleveur professionnel, reste déterminé : « Nous voulons prouver que les Nigériens peuvent produire et consommer local. »
Une mobilisation collective
L’exposition a réuni des éleveurs venus des huit régions du pays, présentant des espèces variées comme les races Goliath, Majah ou encore Bramah. Mamane Ibrahim, exposant, espère réduire les importations en développant ces races localement : « Notre objectif est de produire suffisamment pour satisfaire la demande nationale. »
En parallèle, des revendeurs d’accessoires et d’aliments pour volaille ont contribué à la dynamique. Tayabou Mamane, fournisseur, a profité de l’événement pour sensibiliser les éleveurs : « Nous offrons des conseils sur l’hygiène et les méthodes d’élevage pour garantir un meilleur rendement et prévenir les maladies. »
Vers une aviculture durable
La Semaine de la volaille marque une étape importante dans la quête d’une aviculture durable et autosuffisante au Niger. Si les défis restent nombreux, l’enthousiasme des participants témoigne d’un engagement fort pour transformer un secteur stratégique, porteur d’emplois et de sécurité alimentaire pour le pays.
La Rédaction

