L’Afrique, riche de ses ressources minières, cherche à s’affirmer face aux puissances étrangères en créant une coalition des nations exploitant des minéraux stratégiques essentiels à la transition énergétique. Cette initiative a été évoquée dans un projet de déclaration publié après un sommet régional sur le climat.
Le continent détient d’importantes réserves de métaux stratégiques, notamment le lithium, le cobalt, le cuivre et le coltan. La Chine domine actuellement ce marché, tandis que d’autres puissances, notamment occidentales, prospectent en Afrique pour réduire leur dépendance.
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Selon le projet de déclaration de l’Union africaine (UA), « la Commission de l’UA étudiera et soutiendra la création d’une coalition de pays africains producteurs de minéraux essentiels afin de promouvoir une coopération régionale stratégique et durable, de soutenir la création de valeur ajoutée et la valorisation ». Qualifiée de « stratégie africaine pour les minéraux verts », cette initiative vise à utiliser les ressources minières du continent pour un développement résilient face au changement climatique.
La décision intervient alors que les États-Unis, par exemple, cherchent à s’approvisionner en minéraux en provenance de la République démocratique du Congo (RDC), qui possède un sous-sol parmi les plus riches du monde. La RDC détient du cuivre, du cobalt, du coltan et du lithium, indispensables pour l’armement, les téléphones mobiles et les véhicules électriques. Le pays fait toutefois face à de nouvelles violences qui compliquent l’exploitation et l’exportation de ces ressources.
Parallèlement, l’UA a appelé à « des engagements et des partenariats internationaux plus forts pour combler le déficit de financement et soutenir l’adaptation, la résilience et le développement durable ». Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, a réitéré la demande d’un soutien financier des pays pollueurs, soulignant que l’Afrique contribue à seulement 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre tout en subissant les conséquences majeures du réchauffement climatique.
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Un rapport conjoint d’Oxfam et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) souligne que les États membres de l’IGAD (Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan et Soudan du Sud) ont reçu en moyenne 1,7 milliard de dollars par an en « équivalents subventions » entre 2013 et 2022. Ce montant représente seulement 4 % des 41,8 milliards de dollars nécessaires chaque année pour mettre en œuvre leurs plans climatiques nationaux jusqu’en 2030.
Lors de la COP29, les pays riches se sont engagés à fournir 300 milliards de dollars par an pour le financement climatique des pays en développement, un chiffre jugé largement insuffisant. Le Brésil vise, lors de la COP30 de novembre à Belém, à identifier de nouvelles sources de financement pour combler ce déficit.
La Rédaction

