Le Niger entre dans une phase décisive de sa transition politique avec la tenue d’assises nationales du 15 au 19 février à Niamey. Ces discussions, organisées par le régime militaire, doivent permettre de trancher sur la durée de la période transitoire engagée après le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023. Attendue depuis plusieurs mois, cette rencontre vise à donner un cadre plus précis à la gouvernance actuelle et à répondre aux attentes aussi bien internes qu’internationales.
Un cadre pour définir l’avenir politique
L’annonce a été faite par le ministère de l’Intérieur à travers un communiqué diffusé sur la télévision publique dans la nuit de samedi à dimanche. Ces assises s’inscrivent dans la continuité du “dialogue national inclusif” annoncé par le général Abdourahamane Tiani après son arrivée au pouvoir. Si, à l’époque, il avait évoqué une transition pouvant s’étendre jusqu’à trois ans, aucune durée définitive n’avait été arrêtée, laissant planer l’incertitude.
Une concertation préparée en amont
Avant ces assises, des consultations ont été menées dans les huit régions du pays pour recueillir les attentes des différentes composantes de la société. Ces échanges devraient orienter les discussions et favoriser une approche plus inclusive de la transition.
Pour encadrer le processus, une commission nationale a été mise en place par décret présidentiel. Dirigée par le Dr Mamoudou Harouna Djingareye, une figure traditionnelle influente, elle réunit des anciens ministres, des universitaires, des juristes, des officiers militaires, ainsi que des chefs religieux et des représentants de la société civile. Cette diversité vise à assurer une représentativité élargie des forces vives de la nation.
Des enjeux cruciaux pour la suite de la transition
Les discussions seront organisées autour de cinq sous-commissions traitant des questions fondamentales, notamment la paix et la sécurité, la refondation politique et institutionnelle, ainsi que la justice et les droits de l’homme.
À l’issue des assises, un rapport final sera soumis au général Tiani début mars. Ce document pourrait orienter les décisions du régime quant à la durée et aux modalités de la transition, alors que le Niger reste sous pression tant sur le plan interne qu’international.
Ces assises apparaissent ainsi comme un moment clé pour le pouvoir en place, qui devra démontrer sa volonté d’instaurer une gouvernance lisible et crédible face aux attentes de la population et aux exigences diplomatiques.
La Rédaction

