Les partis politiques mozambicains s’apprêtent à signer un accord ce mercredi afin de collaborer sur des réformes visant à renforcer la stabilité du pays, a annoncé le président Daniel Chapo. Cette initiative, qui se veut un pas vers un dialogue inclusif, intervient alors que les tensions post-électorales persistent.
Un pacte pour la stabilité
S’exprimant depuis Le Cap après une rencontre avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, Chapo a précisé que cet accord doit permettre de consolider la stabilité politique, économique et sociale du Mozambique. La cérémonie de signature, prévue à Maputo, réunira des représentants de la société civile, des figures religieuses et des diplomates.
« Demain, nous rencontrerons l’opposition pour formaliser un accord portant sur des discussions autour des nombreux défis auxquels notre pays est confronté, y compris la révision de nos lois électorales », a déclaré Chapo. Arrivé au pouvoir après une présidentielle contestée en octobre 2024, il cherche ainsi à apaiser les tensions politiques et à légitimer son mandat.
Toutefois, ce dialogue ne sera pas totalement inclusif. Venâncio Mondlane, arrivé deuxième lors de la présidentielle, ne prendra pas part aux discussions, faute de diriger un parti politique structuré. Un choix qui pourrait limiter la portée de l’accord et nourrir les critiques quant à sa représentativité.
Une coopération régionale renforcée
En amont de cette signature, Chapo a rencontré Ramaphosa à sa résidence officielle de Genadendal. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’un renforcement des relations bilatérales entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, notamment sur le plan économique et institutionnel.
Ramaphosa a souligné l’importance d’un cadre stable pour les investissements sud-africains au Mozambique, estimés entre 155 et 175 milliards de rands (soit environ 8,3 à 9,4 milliards de dollars). Ces investissements génèrent plus de 42 000 emplois et renforcent l’interdépendance économique entre les deux pays.
L’Afrique du Sud et le Mozambique partagent une histoire commune de lutte contre l’apartheid et le colonialisme, des liens qui continuent d’influencer leur coopération actuelle.
Une réconciliation à compléter
Si cet accord marque une avancée dans le dialogue politique mozambicain, son efficacité dépendra de sa mise en œuvre et de sa capacité à intégrer toutes les voix du pays. Sans une participation élargie, il risque de rester une manœuvre politique plutôt qu’un véritable pacte de réconciliation.
La Rédaction

