Environ 7.900 migrants ont perdu la vie ou ont été portés disparus sur les routes migratoires à travers le monde en 2025, selon un nouveau décompte publié mardi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un chiffre en léger recul par rapport au record de 9.200 cas enregistré en 2024, mais qui confirme une tendance structurelle jugée préoccupante par l’agence onusienne.
Un recul statistique qui ne change pas la tendance de fond
Si la baisse par rapport à l’année précédente peut sembler significative, les experts de l’OIM insistent sur un constat plus large : la mortalité migratoire reste durablement élevée.
Depuis 2014, plus de 80.000 décès et disparitions ont été recensés sur les routes migratoires mondiales. Pour l’agence, ces chiffres traduisent moins une amélioration de la situation qu’une persistance des facteurs de risque : conflits, instabilité politique, pauvreté structurelle et routes migratoires de plus en plus dangereuses.
Des routes migratoires toujours plus meurtrières
Les trajets vers l’Europe, l’Amérique du Nord ou certaines zones du Golfe restent parmi les plus dangereux. Les traversées maritimes, en particulier, concentrent une part importante des décès, notamment en Méditerranée et dans l’Atlantique.
Mais d’autres corridors moins médiatisés, en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, enregistrent également une hausse des pertes humaines, souvent dans des zones peu surveillées ou difficiles d’accès pour les secours.
Une crise structurelle, pas conjoncturelle
Pour l’Organisation internationale pour les migrations, ces chiffres ne peuvent être interprétés comme une simple fluctuation annuelle. Ils s’inscrivent dans ce qu’elle qualifie de « défaillance mondiale persistante » à prévenir des décès pourtant largement évitables.
L’agence souligne que les migrants restent exposés à des dangers systémiques : réseaux de passeurs, absence de voies légales suffisantes, violences, ou encore conditions climatiques extrêmes.
Une responsabilité partagée entre États et réseaux criminels
Sans pointer un acteur unique, les analyses convergent sur un constat : la combinaison entre restrictions migratoires, manque de coordination internationale et développement des filières clandestines contribue à rendre les parcours migratoires toujours plus risqués.
Dans ce contexte, les politiques de contrôle des frontières, lorsqu’elles ne s’accompagnent pas de mécanismes de migration légale, peuvent indirectement renforcer les routes les plus dangereuses.
Une tragédie statistique devenue structurelle
Avec près de 8.000 morts ou disparus en une seule année, la migration reste l’un des phénomènes humanitaires les plus meurtriers au monde. Malgré un léger recul par rapport à 2024, les données de l’OIM confirment une réalité persistante : la mortalité migratoire n’est plus une crise ponctuelle, mais un phénomène structurel.
La Rédaction

