Le conseil d’administration de l’Institut du monde arabe (IMA) a officiellement nommé, mardi 17 février 2026, Anne-Claire Legendre à sa présidence. Elle succède à Jack Lang, qui a quitté ses fonctions le 7 février, dans un contexte marqué par des révélations liées à l’affaire Jeffrey Epstein.
Une démission sous pression
Le départ de Jack Lang, 86 ans, est intervenu après l’ouverture d’une enquête en France pour des soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l’ancien ministre et sa fille, Caroline Lang. À ce stade, aucune mise en examen n’a été prononcée contre lui.
Parallèlement, des documents judiciaires rendus publics aux États-Unis dans le cadre de l’affaire Jeffrey Epstein mentionnent à plusieurs reprises le nom de Jack Lang dans des échanges avec le financier américain condamné pour crimes sexuels. Bien qu’aucune infraction pénale ne lui soit imputée dans ce dossier, la pression médiatique et institutionnelle a conduit à sa démission afin de préserver l’image de l’IMA.
Pourquoi Anne-Claire Legendre ?
La nomination d’Anne-Claire Legendre répond à une logique à la fois diplomatique et institutionnelle.
Diplomate expérimentée, ancienne porte-parole du Quai d’Orsay et conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient à l’Élysée, elle présente plusieurs atouts stratégiques :
•Une connaissance fine des relations franco-arabes
•Une expérience confirmée des équilibres diplomatiques sensibles
•Une capacité à restaurer la crédibilité institutionnelle de l’IMA
Dans un contexte de crise réputationnelle, le choix d’un profil issu de la haute diplomatie française vise clairement à stabiliser la gouvernance et à rassurer les partenaires arabes de l’institution.
Une transition symbolique
Anne-Claire Legendre devient par ailleurs la première femme à diriger l’IMA depuis sa création en 1980. Sa désignation marque un tournant générationnel et politique, après plus d’une décennie de présidence de Jack Lang.
L’enjeu est désormais double : réaffirmer la mission culturelle de l’Institut tout en rétablissant sa solidité institutionnelle dans un climat international particulièrement sensible.
La nouvelle présidente hérite d’une maison prestigieuse, mais fragilisée. Sa marge de manœuvre dépendra de sa capacité à conjuguer diplomatie, transparence et relance stratégique.
La Rédaction

