Ils sont plusieurs centaines de migrants guinéens à errer aux abords de la ville frontalière de Rosso, coincés entre la Mauritanie qui les expulse et le Sénégal qui refuse de les laisser passer. À l’origine de cette situation tendue : une mésentente entre les autorités de Conakry et de Dakar sur les modalités d’accueil des ressortissants guinéens expulsés de Mauritanie.
Depuis dimanche, 225 migrants sont ainsi bloqués côté mauritanien à Rosso, tandis que 102 autres ont pu rejoindre le territoire sénégalais, mais restent en situation d’incertitude. Malgré un document officiel transmis par l’ambassade de Guinée pour faciliter leur prise en charge, le Sénégal oppose un refus catégorique d’accueillir des migrants sans papiers valides. Le pays invoque sa lutte contre la fraude documentaire comme justification à cette décision.
Un différend administratif, aux conséquences humaines bien réelles. Le correspondant de Sahara Media rapporte qu’un nouveau groupe de 700 Guinéens, également expulsés de Nouakchott, est arrivé vendredi à Rosso, accentuant la pression sur une zone déjà débordée.
Face à l’inaction des États, la communauté guinéenne tente de pallier le vide. Des bus ont été loués pour transporter les compatriotes en souffrance, mais cette mobilisation ne suffit pas à résoudre un problème qui dépasse le simple cadre logistique : il est désormais diplomatique.
Alors que le Sénégal campe sur sa position, la Guinée reste silencieuse sur une éventuelle solution de rapatriement. En attendant, ce sont les migrants, souvent jeunes, sans ressources et vulnérables, qui paient le prix fort d’une discorde entre États voisins.
La Rédaction

