Depuis plus d’une décennie, le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) s’est imposé comme l’un des groupes criminels les plus puissants et les plus violents du Mexique. Né d’une scission du cartel Milenio en 2009, ce groupe s’est rapidement transformé en une organisation indépendante avec des ramifications internationales.
Origines et montée en puissance
Le CJNG trouve ses racines dans une alliance initiale avec le puissant cartel de Sinaloa. Sous la direction de Nemesio Oseguera Cervantes, alias El Mencho, le groupe s’est détaché pour devenir une organisation autonome. Cette transition a été marquée par une guerre sanglante contre Los Zetas, notamment dans l’État de Veracruz, où le CJNG s’est distingué par des massacres brutaux.
Avec une structure sophistiquée, le cartel a su diversifier ses activités. Outre le trafic de drogue, il s’est engagé dans l’extorsion, les enlèvements, la traite d’êtres humains, l’exploitation minière illégale et le vol de pétrole. Il contrôle également des secteurs économiques stratégiques, comme le commerce d’avocats dans le Michoacán, souvent surnommé “l’or vert”, et d’autres ressources naturelles.
Une expansion territoriale et internationale
Le CJNG domine des régions clés comme Jalisco, Colima et Nayarit, mais son influence s’étend à 27 des 32 États mexicains. Il cible particulièrement les couloirs stratégiques du trafic de drogue et les routes migratoires, tout en cherchant à s’implanter dans des États comme Veracruz, Guanajuato et Zacatecas.
À l’échelle internationale, le CJNG défie la suprématie du cartel de Sinaloa en approvisionnant les marchés mondiaux en méthamphétamines et en fentanyl. Ses alliances avec des groupes criminels étrangers témoignent de ses ambitions transnationales.
Une stratégie basée sur la terreur
Ce qui distingue le CJNG, c’est son recours systématique à une violence extrême. Les massacres, les exécutions publiques et les disparitions forcées sont des outils pour asseoir son contrôle territorial. Ces actes de terreur visent également à dissuader les forces de sécurité et à intimider les populations locales.
La collusion avec des fonctionnaires corrompus aggrave la situation. Dans certaines régions, l’influence du cartel a érodé la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires et gouvernementales, contribuant à un climat d’impunité généralisé.
Impacts sur la sécurité nationale et régionale
Le CJNG représente une menace majeure non seulement pour le Mexique, mais aussi pour la région. À l’approche des élections, le cartel cible fréquemment les responsables politiques locaux pour influencer les résultats ou pour maintenir un climat de peur.
L’économie mexicaine subit également les conséquences de ses activités criminelles. L’extorsion et le contrôle des ressources naturelles freinent le développement dans de nombreuses régions.
Lutter contre le CJNG : un défi colossal
Malgré les efforts des gouvernements successifs, y compris des opérations militaires à grande échelle, le CJNG continue de prospérer. Les tentatives de neutraliser ses dirigeants, comme El Mencho, se heurtent à la résilience de son organisation et à sa capacité à recruter et former de nouvelles générations de criminels.
La lutte contre le CJNG nécessite une approche globale, combinant des mesures de sécurité renforcées, des réformes institutionnelles pour réduire la corruption et des initiatives sociales pour offrir des alternatives économiques aux communautés vulnérables.
Le CJNG n’est pas seulement un défi sécuritaire pour le Mexique, mais aussi une menace globale. Sa capacité à s’adapter et à étendre son influence souligne l’urgence de réponses coordonnées aux niveaux national et international.
La Rédaction

