Le Maroc se prépare à lever des fonds sur le marché obligataire international avec une émission en euros, une première depuis 2020. Objectif : financer les infrastructures nécessaires à la Coupe du monde 2030, mais aussi d’autres projets stratégiques, alors que les dépenses globales du pays devraient atteindre 35 milliards de dollars d’ici 2035.
Un besoin urgent d’euros
La ministre des Finances et de l’Économie, Nadia Fettah Alaoui, a souligné la nécessité de privilégier l’euro plutôt que le dollar pour cette levée de fonds. « Nous avons plus besoin d’euros que de dollars », a-t-elle déclaré lors d’une conférence en Arabie saoudite. Le Maroc attend toutefois une stabilisation des marchés avant de lancer l’émission.
Cette obligation, qui pourrait représenter un tiers du plafond de 6 milliards de dollars fixé pour la nouvelle dette étrangère en 2025, devrait bénéficier d’un environnement de taux plus favorable. Le rendement des obligations marocaines en euros échéance mars 2026 a déjà chuté à 3,03 %, en baisse d’un point depuis début 2025.
Des infrastructures et des réformes à financer
Les fonds levés seront alloués à plusieurs projets majeurs :
•Transports : extension du réseau ferroviaire et amélioration de la flotte aérienne nationale.
•Ports et eau : construction de deux ports en eau profonde et développement de douze usines de dessalement.
•Réformes sociales : un minimum de 2 milliards de dollars sera nécessaire pour réformer les retraites cette année.
L’UE en soutien
Avec l’Union européenne comme principal partenaire commercial, le Maroc compte sur des financements bilatéraux et institutionnels pour compléter cette levée de fonds. Par ailleurs, l’analyste Mark Bohlund estime que l’émission obligataire pourrait être facilitée par le renouvellement d’une ligne de crédit flexible du FMI, offrant ainsi un filet de sécurité contre d’éventuels chocs économiques.
Entre la reconstruction post-séisme et la préparation du Mondial, Rabat doit jongler avec des priorités coûteuses mais stratégiques pour son développement.
La Rédaction

