À Rabat, la sécurité devient un axe central de la diplomatie marocaine. Le directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire (DGSN-DGST), Abdellatif Hammouchi, a reçu le mercredi 21 janvier plusieurs ambassadeurs accrédités au Maroc, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des partenariats sécuritaires du Royaume avec des pays amis, notamment le Royaume-Uni, le Gabon et la Malaisie.
Ces rencontres s’inscrivent dans une stratégie claire : faire de la coopération policière et du renseignement un pilier de la politique extérieure marocaine face à la montée des menaces transnationales, du terrorisme aux réseaux criminels organisés.
Un partenariat stratégique avec le Royaume-Uni
Le premier entretien a réuni Abdellatif Hammouchi et Alex Pinfield, ambassadeur du Royaume-Uni à Rabat. Les échanges ont porté sur les niveaux avancés de coopération entre les deux royaumes dans plusieurs domaines sensibles : police des frontières, lutte antiterroriste, criminalité transnationale et échange de renseignements.
Les deux parties ont également examiné les moyens d’élargir cette collaboration afin de l’aligner sur la qualité des relations politiques et diplomatiques entre Londres et Rabat. Pour le Maroc, il s’agit de consolider une coopération opérationnelle capable d’anticiper les menaces plutôt que de les subir.
Cap sur une coopération Sud-Sud avec le Gabon
Abdellatif Hammouchi s’est ensuite entretenu avec Branly Martial Oupolo, ambassadeur du Gabon. Cette rencontre a permis de faire le point sur la situation sécuritaire régionale, notamment dans l’espace sahélo-saharien, devenu un foyer majeur d’instabilité, de trafics et d’activités terroristes.
Les discussions ont posé les bases d’une vision stratégique commune visant à bâtir un véritable espace de coopération policière Sud-Sud. Cette approche repose sur plusieurs axes : formation policière, lutte contre les réseaux de migration irrégulière, surveillance territoriale et combat contre les organisations terroristes opérant dans le Sahel et le Sahara.
Pour Rabat, cette dynamique confirme son positionnement comme acteur sécuritaire de référence en Afrique, capable d’exporter son expertise et de structurer des partenariats durables avec ses homologues du continent.
La Malaisie, un partenaire asiatique en pleine montée en puissance
La série d’entretiens s’est achevée avec Shahabudeen Bin Adam, ambassadeur de Malaisie au Maroc. Les échanges ont porté sur le renforcement des mécanismes de coopération sécuritaire, notamment à travers l’assistance technique mutuelle, la formation spécialisée et la coopération opérationnelle.
Ce rapprochement illustre l’ouverture du Maroc vers l’Asie en matière de sécurité, dans un contexte où les réseaux criminels et terroristes se mondialisent et nécessitent des réponses coordonnées à l’échelle interrégionale.
Une diplomatie sécuritaire assumée
Selon la DGSN-DGST, ces rencontres traduisent l’engagement du Maroc à mettre en œuvre des partenariats sécuritaires fondés sur une vision durable et pragmatique. L’objectif est clair : renforcer l’échange de données opérationnelles, développer des programmes de formation spécialisés et consolider une complémentarité effective face aux menaces émergentes.
Au-delà des protocoles, Rabat affirme une doctrine : la sécurité ne se limite plus aux frontières nationales. Elle se construit par la coopération, l’anticipation et l’interconnexion des services. En multipliant ces alliances, le Maroc s’impose progressivement comme un hub sécuritaire régional, capable d’articuler diplomatie, renseignement et action policière.
La Rédaction

