Riposte judiciaire après le putsch manqué
Cinq jours après la tentative de coup d’État déjouée contre Patrice Talon, le gouvernement béninois a enclenché une série de mesures judiciaires et policières. Ce 12 décembre, un mandat d’arrêt international a été émis contre l’activiste franco-béninois Kemi Seba, tandis que l’ancien ministre et opposant Candide Azannaï a été interpellé à Cotonou. Ces actions marquent un durcissement clair de la part des autorités, qui veulent contrôler la situation et prévenir toute nouvelle tentative de déstabilisation.
Kemi Seba dans le viseur de la justice
Le parquet béninois accuse Kemi Seba et Sabi Sira Korogone, président du Mouvement populaire de libération (MPL), de « apologie du terrorisme » et « incitation à la révolte ». Les peines prévues vont de 2 à 5 ans de prison et jusqu’à 10 millions de F CFA d’amende.
Ces poursuites font suite à des vidéos diffusées le 7 décembre, où Kemi Seba se félicitait du renversement supposé du président Talon et qualifiait la journée de « libération » pour le peuple béninois. Il avait également évoqué la possibilité de répéter de telles actions si le chef de l’État ne se remettait pas en question.
La justice considère ces déclarations comme une incitation directe à l’insurrection, amplifiée par la portée médiatique de l’activiste.
Candide Azannaï interpellé à Cotonou
Le même jour, la police judiciaire a procédé à l’arrestation de Candide Azannaï, ancien ministre de la Défense devenu figure de l’opposition. Il a été interpellé au siège de son parti, Restaurer l’Espoir, alors qu’il participait à une séance de travail.
Bien que les motifs officiels n’aient pas encore été rendus publics, plusieurs éléments entourent son interpellation :
•La veille du putsch manqué, une réunion de son parti avait été interdite à Sèmè-Kpodji pour des raisons de sécurité.
•Depuis sa rupture avec le pouvoir en 2017, Azannaï critique régulièrement le gouvernement et défend une ligne dite « de résistance », refusant toute participation aux élections ou alliance avec Les Démocrates.
Son arrestation illustre l’élargissement du dispositif de sécurité à l’opposition politique, au-delà des seules figures activistes en ligne.
Un tournant sécuritaire assumé
Avec ces mesures, le Bénin marque un virage sécuritaire après un épisode de tension inédit depuis plusieurs années. Le gouvernement souhaite afficher son contrôle et sa capacité à prévenir toute tentative de déstabilisation.
Du côté de l’opposition, ces actions sont perçues comme un durcissement de la répression politique. La situation reste fragile et les prochains jours seront déterminants pour évaluer l’impact réel de ce tournant sécuritaire sur le paysage politique national.
La Rédaction

