L’Ouganda entre dans une phase politique décisive. À l’approche de l’élection présidentielle de 2026, les partis d’opposition affichent leur détermination à affronter le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quatre décennies.
Le NUP de Bobi Wine sonne la mobilisation
Le National Unity Platform (NUP), dirigé par l’opposant charismatique Bobi Wine, a franchi une étape clé ce lundi en retirant officiellement les formulaires de candidature à la Commission électorale. Le secrétaire général du parti, David Lewis Rubongoya, était accompagné du chef de l’opposition au Parlement, Joel Ssenyonyi, marquant une image forte d’unité dans les rangs de l’opposition.
« La dernière fois que la population nous a soutenus massivement, les votes ont été truqués et des irrégularités se sont produites. Nous revenons avec une énergie renouvelée pour poursuivre ce combat », a déclaré Rubongoya, rappelant les accusations de manipulation électorale et d’intimidations lors des précédents scrutins.
Vigilance contre toute ingérence
Rubongoya a averti que le NUP mènerait une campagne vigoureuse, mais resterait sur ses gardes face à toute tentative d’interférence :
« Lors du dernier scrutin, notre siège a été perquisitionné et des formulaires ainsi que des fonds ont été volés. Nous espérons que l’histoire ne se répétera pas », a-t-il lancé.
De son côté, Joel Ssenyonyi a appelé les forces de sécurité à respecter le processus électoral et à garantir aux citoyens la liberté d’exercer leurs droits démocratiques :
« Une élection est un processus. Ceux qui collectent des signatures et mènent campagne ne doivent pas être perturbés. Nous attendons que les forces de sécurité reculent et permettent une pleine participation du peuple », a-t-il insisté.
Le Democratic Party rejoint la course
Le Democratic Party (DP) a également retiré ses formulaires de candidature, sous la direction de son secrétaire général, Gerald Siranda. Ce dernier a présenté cette démarche comme une contribution à une transition politique pacifique et une volonté de maintenir la pertinence du parti dans le paysage politique ougandais.
« J’appelle chaque démocrate et chaque Ougandais qui croit en une transition pacifique à se rassembler et à accomplir ce processus », a déclaré Siranda.
Une élection à haut enjeu
Avec une opposition désormais organisée et en ordre de bataille, la présidentielle de 2026 s’annonce comme un moment de vérité pour la démocratie ougandaise. Elle mettra à l’épreuve non seulement la capacité de l’opposition à se fédérer face au pouvoir en place, mais aussi la volonté des institutions à garantir un scrutin libre, transparent et crédible.
La Rédaction

