Un imam malien se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire après des déclarations controversées tenues lors d’un sermon. Placé sous mandat de dépôt, il est accusé d’incitation à la violence et de troubles à l’ordre public, dans un contexte où la question de la régulation des prêches religieux revient avec insistance.
L’imam Sékou Sidibé a été incarcéré le 24 janvier 2025 à la maison centrale d’arrêt de Bamako sur décision du Pôle National de lutte contre la cybercriminalité. Son arrestation fait suite à la diffusion d’une vidéo d’environ 45 minutes, enregistrée le 17 janvier dans une mosquée de la capitale malienne. Dans cette séquence largement relayée sur les réseaux sociaux, il aurait tenu des propos virulents à l’égard des formateurs militaires, suscitant une vague de réactions.
Les autorités judiciaires estiment que ces déclarations pourraient fragiliser la cohésion sociale et compromettre la stabilité nationale. Le procureur chargé du dossier a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre liberté d’expression et impératifs sécuritaires, surtout dans un pays confronté à de multiples défis en matière de sécurité.
Cette affaire intervient alors que la question de la réglementation des discours religieux revient régulièrement au Mali. Dès 2022, le Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM) avait exprimé son intention de proposer une loi visant à encadrer les prêches et la gestion des mosquées, afin de prévenir les appels à la haine et à la violence.
L’arrestation de l’imam Sidibé rappelle des cas similaires survenus récemment. Fin décembre 2024, les imams Mahi Ouattara et Abdoulaye Koïta avaient été convoqués par le Pôle anti-cybercriminalité pour des propos jugés polémiques. Ce nouvel épisode relance le débat sur les limites du discours religieux dans l’espace public et sur le rôle des autorités dans son encadrement.
La Rédaction

