L’utilisation de drones par les rebelles du Cadre Stratégique Permanent (CSP) marque une nouvelle étape dans la guerre au Mali. Le 11 septembre 2024, ces appareils ont été utilisés pour la deuxième fois contre une base de l’armée malienne près de Goundam, à environ 100 kilomètres de Tombouctou. Bien que cette attaque n’ait pas causé de pertes humaines, elle a révélé un changement significatif dans l’arsenal des rebelles, soulignant la montée en puissance technologique de ces groupes armés.
Une nouveauté dans le conflit
La première utilisation de drones par les rebelles remonte à juillet 2024, lors d’un affrontement à Tinzaouatène. Ce moment marquait une victoire majeure pour le CSP face aux forces maliennes et à leurs alliés, le groupe Wagner. Plusieurs dizaines de soldats maliens ont perdu la vie, obligeant les troupes à battre en retraite. Cette capacité des rebelles à intégrer une technologie moderne dans leurs stratégies pourrait bouleverser l’équilibre des forces, jusqu’alors dominé par l’armée malienne.
Une source d’approvisionnement incertaine
Peu de détails sont disponibles sur l’origine de ces drones. Mohamed el Maouloud Ramadane, porte-parole du CSP, a simplement déclaré qu’ils avaient été « achetés », sans préciser l’identité du fournisseur. Il a également nié tout soutien de l’Ukraine ou des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation affiliée à al-Qaïda. Le CSP affirme détenir ces drones depuis près de dix mois, période durant laquelle ils ont formé leurs membres à leur utilisation, tout en fabriquant les munitions nécessaires.
Des drones dans les deux camps
Les Forces Armées Maliennes (FAMA) et leurs alliés du groupe Wagner ne sont pas étrangers à l’utilisation de drones. Depuis décembre 2022, l’armée malienne a reçu des drones Bayraktar TB2 de fabrication turque. Ces appareils ont joué un rôle crucial lors de la reconquête de Kidal en novembre 2023, infligeant de lourdes pertes aux rebelles, qui avaient alors abandonné le terrain sans combattre. Depuis leur défaite à Tinzaouatène, les FAMA et Wagner ont intensifié leurs frappes de drones, parfois avec des conséquences tragiques pour les civils.
Une guerre en mutation
L’apparition de drones dans l’arsenal du CSP pourrait redéfinir les contours du conflit malien. Jusqu’ici, les drones étaient surtout utilisés par les forces armées maliennes et leurs alliés pour des frappes décisives. Si les rebelles maîtrisent pleinement cette technologie, cela pourrait potentiellement rééquilibrer la guerre en leur faveur. Toutefois, l’utilisation de drones armés présente des risques accrus pour les populations civiles, car leur efficacité repose sur des renseignements précis et un ciblage rigoureux.
La guerre au Mali entre ainsi dans une nouvelle phase où la technologie pourrait jouer un rôle de plus en plus central, modifiant non seulement les stratégies militaires mais aussi les conséquences humanitaires du conflit.
La Rédaction

