Au Mali, Choguel Maïga, Premier ministre, a marqué les esprits par une intervention inattendue et critique à l’égard du régime en place. Devant les militants de son mouvement, le M5-RFP, il a ouvertement appelé à une réflexion urgente sur la fin de la période de transition, émettant de sérieuses réserves sur la gouvernance actuelle.
Arborant une casquette de camouflage de l’armée malienne, Choguel Maïga a d’abord exprimé son soutien aux soldats déployés sur le terrain. Cependant, il n’a pas hésité à pointer du doigt les pratiques des membres de la junte qui concentrent, selon lui, le pouvoir dans la capitale en marginalisant le gouvernement sur des décisions clés. Il a notamment dénoncé la gestion unilatérale de questions fondamentales, telles que le report des élections, affirmant : « Le Premier ministre ne peut pas découvrir dans les médias que les élections sont reportées sans qu’il y ait eu débat au sein du gouvernement. »
Choguel Maïga a également mis en garde contre une transition vacillante : « Nous risquons de graves reculs, voire un retour en arrière. »
Une critique incisive du système
Le Premier ministre a poursuivi son réquisitoire en dénonçant l’incohérence entre les décisions de la junte et les recommandations issues des assises nationales. Il a notamment souligné qu’en moins de deux ans, plus de 100 partis politiques favorables à la junte ont été légalement reconnus, alors que l’objectif affiché était de rationaliser leur nombre.
Cette intervention n’a pas manqué de faire réagir dans l’entourage du général Assimi Goïta, président de la transition. Selon une source proche de la junte, ces propos relèveraient d’une stratégie d’agitation de la part de Choguel Maïga, qui poursuivrait des objectifs politiques personnels.
Conséquences possibles
Ces déclarations pourraient fragiliser davantage une transition déjà sous pression, tant sur le plan interne qu’international. En exposant des divergences au sommet de l’État, elles risquent d’accentuer la méfiance entre les différents acteurs du pouvoir et de ralentir les efforts de stabilisation. Elles pourraient également nuire à l’image de cohésion que le Mali tente de projeter face aux défis sécuritaires et diplomatiques.
La critique publique du Premier ministre marque un tournant dans les rapports entre les autorités civiles et militaires, posant la question de la capacité du régime à mener la transition à son terme dans un climat apaisé.
La Rédaction

