Le Zimbabwe se prépare à une réforme fiscale majeure dans son secteur aurifère. Dans le cadre du budget national 2026, le gouvernement prévoit d’introduire une redevance de 10 % sur l’or de première qualité, applicable lorsque le prix dépasse 2 501 $ l’once, afin de maximiser ses recettes face à la flambée des cours.
Cette initiative remplace le système actuel instauré en 2022, où les producteurs paient 3 % lorsque le prix de l’or est inférieur à 1 200 $ et 5 % au-delà de ce seuil. La réforme maintient le taux de 3 % pour les bas niveaux de prix, ajuste la tranche de 5 % entre 1 201 $ et 2 500 $, et instaure la nouvelle tranche de 10 % pour tout prix supérieur à 2 501 $.
Une mesure contestée par le secteur minier
Cette proposition suscite de vives réactions. Caledonia Mining Corporation, exploitant la mine de Blanket, a averti que l’augmentation de la redevance pourrait réduire la rentabilité et la génération de trésorerie de ses opérations, tout en réévaluant les perspectives financières de son projet Bilboes, d’une valeur de 484 millions de dollars et dont la mise en service est prévue d’ici fin 2028.
La Fédération des mineurs du Zimbabwe (ZMF), représentant principalement les mineurs artisanaux et à petite échelle, estime que la réforme pourrait freiner les investissements et stimuler la contrebande d’or vers des pays voisins à fiscalité plus faible. Selon la fédération, les petits producteurs représentent près de 65 % de la production nationale, et l’instauration d’un taux de 10 % pourrait entraîner un ralentissement des projets d’exploration et de développement minier.
Contexte économique et opportunité fiscale
Le Zimbabwe fait face à des cours de l’or exceptionnels, atteignant environ 4 100 $ l’once en 2025, soit une hausse de 60 % depuis janvier. Après une augmentation de 30 % en 2024, la tendance haussière du métal précieux offre au gouvernement une marge de manœuvre pour renforcer ses recettes fiscales. Des analystes, dont Morgan Stanley, anticipent que les prix resteront élevés jusqu’en 2026, soutenant la logique derrière la nouvelle redevance.
Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large où le Zimbabwe tente de capitaliser sur son secteur minier, l’une des principales sources de devises étrangères du pays, tout en alignant ses politiques fiscales sur celles de plusieurs autres pays africains producteurs d’or, comme le Mali et le Burkina Faso, qui ont récemment ajusté leurs systèmes de redevances pour profiter des prix élevés.
Vers un débat parlementaire
Le projet de budget 2026 a été soumis au Parlement, laissant planer une incertitude sur l’approbation finale de la réforme. Le débat se concentre sur la question cruciale : les gains fiscaux potentiels surpassent-ils l’impact négatif sur l’investissement et la production formelle ? Les prochains mois seront déterminants pour l’avenir de la politique aurifère zimbabwéenne et pour la stabilité du secteur minier national.
La Rédaction

