La Gambie fait face à un scandale qui met en lumière les enjeux de discipline et de responsabilité au sein de ses forces de sécurité. Le Sergent Lamin Gibba, membre de la Gambia Police Force (GPF), a été révoqué pour inconduite grave, après des accusations d’extorsion et de comportement abusif à l’encontre d’un couple sur une plage.
Des accusations troublantes
Selon un communiqué officiel de la GPF, Lamin Gibba aurait contraint un couple à se dénuder sur la plage de Lemon Creek, prétextant l’application des règles de décence publique. Il est ensuite allé plus loin en enregistrant la scène et en menaçant de publier la vidéo s’il ne recevait pas une somme d’argent.
Suite à une plainte déposée par les victimes, le sergent a été arrêté et une enquête approfondie a été immédiatement ouverte. Les investigations ont confirmé que ses actes représentaient une violation flagrante du Code de conduite et d’éthique de la police gambienne. En conséquence, Lamin Gibba a été démis de ses fonctions avec effet immédiat.
Un signal fort pour restaurer la confiance publique
La Gambia Police Force, dans son communiqué, a réaffirmé son engagement à maintenir l’intégrité au sein de ses effectifs. « La GPF prendra toujours des mesures fermes contre toute inconduite afin de préserver la confiance du public », a déclaré l’institution, insistant sur l’importance du professionnalisme et de la responsabilité.
Cette affaire met en évidence les défis auxquels sont confrontées les forces de l’ordre dans leur mission de protéger et servir, tout en restant exemplaires dans leur comportement.
Une problématique qui dépasse les frontières
La question des abus policiers n’est pas propre à la Gambie. Dans de nombreux pays africains, des mécanismes ont été mis en place pour permettre aux citoyens de dénoncer de tels comportements.
•Au Togo, le gouvernement a instauré un numéro vert, le 1014, accessible 24h/24, pour signaler les cas d’abus, de corruption ou de violences sexuelles impliquant les forces de sécurité.
•Au Gabon, un service similaire, via le numéro 177, permet de dénoncer les rackets et extorsions pratiqués par les agents chargés de la circulation.
Ces initiatives visent à renforcer la transparence, tout en instaurant des canaux de communication fiables entre les citoyens et les autorités.
Le défi de l’éthique dans les forces de l’ordre
L’affaire Lamin Gibba rappelle l’urgence d’un contrôle rigoureux sur les comportements au sein des forces de sécurité, non seulement en Gambie, mais sur tout le continent. Si les numéros verts et les enquêtes internes sont des étapes importantes, il est essentiel que des programmes de formation et des mesures préventives soient également déployés pour éviter de tels abus.
En Gambie, l’incident de Lemon Creek pourrait servir de signal d’alarme pour garantir que la police reste une institution au service des citoyens et non un outil d’oppression. La transparence et la responsabilité, aujourd’hui plus que jamais, sont les piliers d’une relation de confiance entre les forces de l’ordre et les populations qu’elles doivent protéger.
La Rédaction

