Depuis septembre 2025, Bamako et plusieurs régions du Mali sont confrontées à un blocus orchestré par le JNIM, paralysant les routes commerciales, affamant les villes et fragilisant l’État. Face à cette escalade, l’Union africaine lance un appel urgent à la communauté internationale, tandis que l’armée malienne, malgré ses moyens renforcés, peine à rétablir l’approvisionnement et la sécurité.
Un blocus stratégique au cœur de Bamako
Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), groupe affilié à Al-Qaïda, a imposé depuis septembre 2025 un blocus sur les routes reliant Bamako à ses voisins côtiers, notamment le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Cette tactique de guerre asymétrique cible les convois de carburant et les infrastructures vitales, provoquant une pénurie de carburant et affectant directement l’économie nationale.
Des scènes de chaos se multiplient : camions-citernes incendiés, longues files d’attente devant les rares stations encore approvisionnées, écoles et universités contraintes de suspendre les cours. L’impact sur la vie quotidienne et sur la sécurité alimentaire est immédiat.
La réponse internationale : l’Union africaine se mobilise
Face à cette crise, l’Union africaine a sollicité un soutien international coordonné. Lors de la 1304ᵉ réunion ministérielle, la Commission de l’UA a insisté sur le renforcement de la coopération régionale, le partage de renseignements et l’appui technique et financier aux forces maliennes. Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission, a réaffirmé la solidarité de l’organisation avec le peuple malien et les familles des victimes, soulignant la nécessité d’une réponse forte et cohérente face à l’extrémisme violent au Sahel.
Au-delà du Mali, l’UA se positionne comme un acteur central pour soutenir l’ensemble des pays sahéliens confrontés à des menaces similaires.
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Une armée malienne sous pression
Les Forces armées maliennes (FAMa), renforcées depuis 2012 et soutenues par des partenariats internationaux, se retrouvent débordées face à des ennemis mobiles, décentralisés et enracinés dans les zones rurales. Les tactiques du JNIM – blocus ciblés, attaques surprises, accords locaux de paix sous contrainte – exploitent les faiblesses de l’État, mais ne suffisent pas à menacer le contrôle de Bamako.
Le groupe jihadiste ne dispose pas de moyens conventionnels pour occuper la capitale. Ses opérations visent davantage à affaiblir l’État et à imposer une autorité coercitive dans les zones rurales, là où l’armée malienne est moins présente.
La guerre asymétrique : un défi permanent
La géographie et l’organisation du JNIM favorisent ses actions. Les routes étroites, les chemins de brousse et les forêts permettent aux insurgés de frapper rapidement et de disparaître avant que l’armée ne puisse réagir. L’utilisation de motos et d’armes légères leur confère une mobilité supérieure, rendant les réponses militaires conventionnelles moins efficaces.
Cette situation illustre un paradoxe stratégique : malgré l’augmentation des dépenses militaires et le renforcement des alliances, l’emprise territoriale et la tactique du JNIM continuent de progresser. Les campagnes militaires seules ne suffisent pas ; elles doivent être accompagnées de mesures de gouvernance, de soutien humanitaire et de restauration de la confiance des populations.
Une sortie de crise conditionnée à la coopération régionale
Pour lever durablement les blocus et sécuriser le Mali, il est indispensable de combiner actions militaires coordonnées, appui humanitaire et diplomatie régionale. Les États voisins et la communauté internationale doivent soutenir Bamako non seulement sur le plan militaire, mais aussi dans la gouvernance et le développement local.
L’appel de l’Union africaine rappelle que la sécurité au Mali et dans le Sahel ne peut dépendre uniquement de la force militaire, mais nécessite une mobilisation globale et coordonnée.
La Rédaction

