À l’approche de l’élection présidentielle de septembre, les autorités malawites haussent le ton. La police nationale a lancé une mise en garde formelle à l’encontre des chefs religieux qui prétendent prédire le nom du futur président. Une telle démarche, selon les forces de l’ordre, constitue une incitation aux troubles.
Lors d’un forum organisé pour promouvoir un processus électoral pacifique, le surintendant Martin Mwanyongo a été clair : « Ces prophéties ne sont pas anodines, elles sont une recette pour le chaos ». Il a également appelé les médias à la responsabilité, en leur demandant de ne pas peindre la police comme des « ennemis de la démocratie ».
La tension monte, et cette déclaration ne passe pas inaperçue dans le climat politique tendu du pays. Pour de nombreux observateurs, la sortie de la police cible les mauvaises personnes. Les critiques fusent : certains estiment que les autorités feraient mieux de s’attaquer aux véritables sources de violence, notamment les groupes armés qui perturbent les rassemblements politiques à coups de machette.
Dans les églises et sur les réseaux sociaux, le débat enfle. Les Malawites sont partagés entre le respect de la foi et le besoin de garantir une élection libre et paisible. Dans un pays où la parole religieuse a un poids considérable dans la vie publique, interdire les prédictions politiques des chefs spirituels soulève la question de la liberté d’expression.
Les semaines à venir s’annoncent décisives. Alors que la campagne électorale battra bientôt son plein, les autorités seront scrutées : feront-elles preuve d’impartialité ou utiliseront-elles leur pouvoir pour museler certaines voix ? Une chose est sûre, la tension monte au Malawi, et la foi se retrouve au cœur de la tempête politique.
La Rédaction

