À Madagascar, l’Assemblée nationale a voté la destitution du président Andry Rajoelina, plongeant le pays dans une crise politique majeure. Peu après, l’unité d’élite CAPSAT a annoncé avoir pris le contrôle du pays, renforçant l’incertitude institutionnelle.
Destitution du président Rajoelina
Le 14 octobre 2025, l’Assemblée nationale malgache a voté la destitution du président Andry Rajoelina à une large majorité : 130 voix sur 161 députés. Cette décision fait suite à des manifestations populaires dénonçant la corruption, la mauvaise gestion économique et les pénuries de services essentiels.
Sous pression et invoquant des menaces à sa sécurité, Rajoelina a quitté le pays le week-end précédent. Un avion militaire français aurait été impliqué dans son exfiltration, Paris démentant toute ingérence.
Depuis l’étranger, Rajoelina a promulgué un décret dissolvant l’Assemblée nationale, une mesure contestée par l’opposition qui considère cette dissolution comme illégale.
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Prise de pouvoir par les militaires
Peu après la destitution, l’unité d’élite CAPSAT a annoncé avoir pris le contrôle du pays. Le colonel Michael Randrianirina a déclaré à la radio nationale que l’armée exerçait désormais les fonctions exécutives et qu’un comité composé d’officiers militaires, de gendarmes et de policiers serait chargé de diriger le pays.
Cette prise de pouvoir fait suite à des semaines de manifestations menées principalement par des jeunes et soutenues par CAPSAT, dénonçant la corruption, la mauvaise gestion économique et les pénuries. L’opposition conteste cette décision, soulignant le risque d’un vide institutionnel prolongé et la paralysie de la gouvernance.
Intervention de l’Union africaine
Face à cette situation, l’Union africaine a annoncé l’envoi d’une délégation de haut niveau à Madagascar pour évaluer la crise et faciliter une médiation. L’UA a exprimé sa préoccupation face aux pertes humaines et aux destructions, condamné toute tentative de changement anticonstitutionnel et appelé à un dialogue national inclusif.
La délégation travaillera avec le Groupe des Sages, la SADC et la Commission de l’océan Indien pour soutenir une solution pacifique et inclusive, mettant l’accent sur la participation des femmes, des jeunes et des acteurs clés. Le Conseil de paix et de sécurité a également exhorté les forces armées malgaches à rester apolitiques et à respecter leur mandat constitutionnel.
Perspectives
La destitution de Rajoelina et la prise de pouvoir par CAPSAT plongent Madagascar dans une incertitude politique sans précédent, avec une population mobilisée, une économie fragile et des institutions sous tension. La médiation de l’Union africaine pourrait être déterminante pour garantir une sortie pacifique et respectueuse de la souveraineté nationale.
La Rédaction

