Alors que l’ONU tente de remettre en mouvement un processus politique fragmenté depuis l’échec des discussions électorales de 2021, la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique. Mercredi, la Mission a dénoncé une série de « campagnes de désinformation » visant son mode de financement et celui du processus politique libyen.
Selon la MANUL, ces accusations prennent forme dans un contexte de tensions croissantes avec les autorités parallèles de l’Est, qui contestent de plus en plus la légitimité et le rôle de l’ONU dans la transition libyenne.
La Mission rappelle que son fonctionnement repose exclusivement sur le budget ordinaire des Nations unies, alimenté par les contributions des 193 États membres. Elle souligne que toutes les ressources dédiées à l’accompagnement politique en Libye sont traitées selon un système mondial de contrôle financier imposant des normes uniques en matière de budgétisation, d’approvisionnement et de dépenses.
Depuis 2015, plusieurs États et organisations régionales ont également apporté des soutiens volontaires destinés à renforcer le dialogue national et les actions de proximité. Ces contributions, affirme la Mission, sont administrées de manière centralisée afin d’éviter tout risque de détournement.
La montée des tensions s’est accentuée lundi, lorsque l’envoyée spéciale de l’ONU, Hanna Tetteh, a signé avec l’ambassadeur du Qatar en Libye, Khaled Al-Dosari, un nouvel accord de financement destiné à soutenir les efforts de dialogue politique. Quelques heures seulement après l’annonce, les autorités parallèles ont suspendu leur coopération avec la MANUL.
Dans un communiqué offensif, elles ont qualifié l’accord de « violation de la souveraineté libyenne » et d’« entorse grave aux normes internationales de neutralité » imposées aux missions onusiennes. Elles exigent que la MANUL annule l’accord et présente des excuses officielles.
Les autorités de l’Est ont également interpellé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, l’appelant à « assumer la responsabilité juridique et morale » des décisions de la Mission, qu’elles jugent contraires aux intérêts fondamentaux de l’État libyen et de sa population.
Alors que la Libye reste divisée entre institutions concurrentes, cette nouvelle crise de confiance complique encore davantage les efforts de médiation de l’ONU, déjà fragilisés par l’absence de consensus politique entre les différents blocs.
La Rédaction

