Une mobilisation internationale s’est tenue à Nouakchott pour défendre le pastoralisme au Sahel, menacé par le dérèglement climatique et l’insécurité croissante. Ce forum, qui s’est déroulé du 6 au 8 novembre, a permis de dresser le bilan de dix années d’initiatives en soutien aux communautés pastorales et agropastorales. Sur 3 millions de km², environ 20 millions de personnes dans cette région dépendent de cette activité, aujourd’hui fragilisée par les conflits armés et les bouleversements climatiques.
Organisée par le gouvernement mauritanien avec le soutien du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel et de la Banque mondiale, cette rencontre a rassemblé plusieurs centaines de participants. Une décennie après les déclarations de Ndjamena et de Nouakchott, l’objectif reste de renforcer la sécurité des moyens d’existence des pasteurs et d’augmenter de 30 % la valeur ajoutée de l’élevage dans les pays concernés (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad), afin d’améliorer les revenus des pasteurs dans un horizon de cinq à dix ans.
Dans une déclaration commune, Mohamed Ould El-Ghazaouani, président mauritanien, Mahamat Idriss Déby, président tchadien, et Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, ont rappelé que le pastoralisme joue un rôle clé pour la sécurité alimentaire, assurant 90 % de la viande rouge et 70 % du lait dans la région. Il contribue aussi à la gestion durable des ressources naturelles, essentielle pour atténuer les effets du changement climatique sur le territoire sahélien.
Alioune Kane, secrétaire général du Groupement National des Associations Agropastorales en Mauritanie, a présenté un bilan encourageant des actions mises en place depuis 2013, notamment dans l’organisation des communautés agropastorales. Les progrès incluent la mise en œuvre du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme dans le Sahel (PRAPS), l’amélioration de la santé animale et la régulation de la transhumance.
Dodo Boureima, président du Réseau Bilital Maroobe au Niger, a souligné les efforts communautaires pour sécuriser les parcours pastoraux, la transhumance transfrontalière et la protection face aux défis climatiques et sécuritaires, tout en évoquant la réorientation des investissements pour répondre à ces enjeux croissants.
Abdou Karim Guèye, directeur de Heifer International Sénégal, a partagé les ambitions de son organisation pour dynamiser les pratiques agropastorales. Il a appelé à moderniser l’industrie laitière afin de réduire les coûteuses importations de lait en poudre, un fardeau pour les économies de plusieurs pays de la région, et a plaidé pour une réduction des taxes pour faciliter les échanges transfrontaliers.
Ce forum a réaffirmé l’importance vitale du pastoralisme au Sahel et la nécessité de protéger ce mode de vie et cette ressource essentielle pour des millions de familles sahéliennes.
La Rédaction

