Le Liban a un nouveau président : Joseph Aoun, commandant en chef de l’armée libanaise, a été élu par les députés le 9 janvier 2025, mettant fin à plus de deux ans de vacance à la tête de l’État. Cette élection intervient après un intense bras de fer politique entre différents blocs parlementaires, marqué par de profondes divergences internes.
Joseph Aoun a remporté l’élection au second tour avec 99 voix sur 128. Le premier tour, qui avait eu lieu plus tôt, l’avait vu obtenir 71 voix, tandis que 37 bulletins étaient blancs et 4 annulés. Ces résultats soulignent l’ampleur de l’opération de rapprochement menée pour parvenir à un consensus politique autour de sa candidature. Le processus électoral a été le premier depuis juin 2023 et le 13e depuis la fin du mandat de Michel Aoun, ancien président et sans lien de parenté avec Joseph Aoun.
La candidature de Joseph Aoun avait été soutenue par de nombreuses forces politiques après des mois de discussions et de pressions diplomatiques, notamment de la part de puissances internationales. La situation s’était intensifiée lorsque Sleimane Frangié, le candidat du Hezbollah, avait retiré sa candidature en faveur de Joseph Aoun, ce qui a facilité son élection.
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Toutefois, une question reste en suspens : pour valider son élection, la Constitution libanaise devra être modifiée. En effet, elle interdit l’élection de hauts fonctionnaires ayant exercé leur fonction au cours des deux dernières années, ce qui est précisément le cas de Joseph Aoun, qui était toujours en poste à la tête de l’armée jusqu’à son élection.
Le Premier ministre par intérim, Najib Mikati, avait exprimé son optimisme quant à une issue positive à ce scrutin. “Pour la première fois, je ressens de la joie”, avait-il déclaré le jour précédant l’élection, espérant que le Liban pourrait enfin sortir de la crise présidentielle.
L’élection s’inscrit également dans un contexte de pression internationale croissante. Des émissaires américains, saoudiens et français ont intensifié leurs efforts pour soutenir la stabilité politique au Liban. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a même assisté à la séance parlementaire.
Cette élection survient après un revers significatif pour le Hezbollah dans le conflit récent avec Israël. L’accord de cessez-le-feu prévoit un retrait israélien du sud du Liban, suivi du déploiement de l’armée libanaise le long de la frontière, et une série de mesures destinées à limiter les activités militaires du Hezbollah dans la région. Le processus est supervisé par les États-Unis, la France et l’ONU.
La Rédaction

