Le dossier nucléaire iranien a récemment occupé le centre des discussions diplomatiques entre l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et les autorités égyptiennes et iraniennes.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s’est entretenu au Caire avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, ainsi qu’avec le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, selon un communiqué officiel du ministère égyptien des Affaires étrangères. Ces échanges ont porté sur la trajectoire de coopération entre l’Iran et l’AIEA dans le suivi du programme nucléaire iranien.
Le chef de la diplomatie égyptienne a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour contenir l’escalade, instaurer la confiance et créer les conditions favorables à la continuité de cette coopération. « Celle-ci doit ouvrir la voie à la reprise du dialogue en vue d’un accord global sur le programme nucléaire iranien, prenant en compte les intérêts de toutes les parties », a déclaré Abdelatty. Il a rappelé que les mécanismes multilatéraux demeurent essentiels pour soutenir la non-prolifération nucléaire et renforcer la sécurité et la stabilité internationales.
La tension entre l’Iran et l’AIEA s’est accentuée après le refus de Téhéran de permettre un accès complet aux inspections dans certaines installations, nourrissant les inquiétudes sur la transparence du programme nucléaire iranien et sur ses stocks d’uranium enrichi. Selon des médias égyptiens, l’Iran enrichirait l’uranium à un niveau proche de 60 %, seuil jugé proche de celui requis à des fins militaires. Le 12 novembre, l’AIEA a de nouveau demandé à Téhéran de lui permettre de vérifier ses réserves d’uranium hautement enrichi.
Dans un rapport confidentiel, l’Agence a indiqué avoir perdu la continuité de ses connaissances sur les inventaires précédemment déclarés depuis la guerre de 12 jours déclenchée le 13 juin par une attaque israélienne sur des installations iraniennes. L’AIEA considère qu’il est « crucial » de vérifier ces inventaires « dès que possible afin de dissiper ses préoccupations ».
L’Égypte, en tant que médiateur dans ce dossier, avait déjà organisé en septembre 2025 des rencontres stratégiques de haut niveau au Caire, débouchant sur un accord-cadre de coopération entre l’Iran et l’AIEA. Dans ce contexte, le ministre Abdelatty a réaffirmé la nécessité de réduire les tensions et de créer les conditions favorables à un dialogue constructif.
De son côté, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami, a critiqué les puissances occidentales pour leur exploitation des informations de l’AIEA et a dénoncé l’incapacité de l’Agence à protéger les installations nucléaires iraniennes contre les attaques. Eslami a rappelé que 80 % des activités de surveillance de l’AIEA se concentrent sur l’Iran, alors que sa capacité nucléaire ne représente que 3 % du total mondial, demandant à l’Agence de « définir clairement des mesures de protection contre les attaques ciblant ses installations ».
Le cadre international, l’accord nucléaire de Vienne (JCPOA) de 2015, a officiellement expiré le 18 octobre 2025, marquant également la fin de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui relance la complexité des discussions diplomatiques autour du programme nucléaire iranien.
La Rédaction

