La 29ᵉ édition du FESPACO, grand rendez-vous du cinéma africain à Ouagadougou, se teinte cette année des couleurs du Togo. Alors que l’événement célèbre la créativité et l’essor des industries culturelles du continent, le pays ouest-africain y affirme son ambition de devenir un acteur incontournable du 7ᵉ art.
Une délégation ambitieuse pour un rayonnement continental
Sous la direction de Florence Yawa Kouigan, ministre de la Communication et de la Culture, une quarantaine de professionnels togolais — réalisateurs, producteurs, techniciens — investissent les espaces du festival. Bien plus qu’une simple présence symbolique, cette mobilisation traduit une stratégie affirmée : positionner le Togo comme un pôle cinématographique en plein essor.
MICA : une vitrine pour les créations togolaises
Le Marché International du Cinéma Africain (MICA) constitue l’un des temps forts de cette participation. Avec un stand dédié, le Togo met en avant ses productions, favorisant les collaborations et les ventes de droits à l’international. Une opportunité essentielle pour des œuvres encore peu diffusées hors des frontières nationales.
« Cent Douze » et au-delà : une reconnaissance artistique
La sélection du film Cent Douze de Joël M’Maka Tchédre (catégorie Perspectives) illustre la montée en puissance du cinéma togolais. Mais c’est surtout l’inscription record de six projets togolais dans les différentes sections du festival qui marque les esprits. Documentaires, fictions, courts-métrages : cette diversité témoigne d’un secteur en pleine effervescence, porté par une nouvelle génération de créateurs.
Structuration et vision à long terme
Cette dynamique repose sur une politique culturelle volontariste. Le ministère togolais mise sur un plan national ambitieux incluant la formation, des financements innovants et la modernisation des infrastructures. L’objectif est clair : transformer l’élan d’une reconnaissance festivalière en un véritable écosystème capable de rivaliser avec des industries mieux établies comme Nollywood ou le cinéma sénégalais.
Un miroir des mutations du 7ᵉ art africain
Au-delà du cas togolais, cette montée en puissance illustre l’évolution du paysage cinématographique africain. Longtemps dominé par des pays comme le Burkina Faso ou le Mali, le FESPACO voit émerger de nouveaux acteurs. Une preuve que la création audiovisuelle africaine, nourrie par des récits pluriels et des modèles économiques adaptés, est en pleine mutation.
L’édition 2025 pourrait ainsi rester dans les annales comme le moment où le Togo a marqué son entrée parmi les viviers créatifs à suivre — une réussite collective où ambition institutionnelle et talent artistique s’unissent pour conquérir les écrans.
La Rédaction

