La réorganisation du dispositif public d’appui à l’entrepreneuriat, marquée par le transfert des missions du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) vers l’Agence de développement des très petites, petites et moyennes entreprises (ADTPME), suscite des préoccupations parmi les bénéficiaires. Les autorités assurent toutefois une continuité des engagements et une rationalisation du soutien aux porteurs de projets.
Une réforme structurelle au cœur du dispositif d’appui
L’adoption du projet de loi actant le transfert des missions du FAIEJ vers l’ADTPME marque une évolution significative dans l’architecture des politiques publiques dédiées à l’entrepreneuriat des jeunes.
Pensé comme un instrument de rationalisation, ce redéploiement vise à regrouper les mécanismes d’accompagnement au sein d’une structure unique, afin d’améliorer la lisibilité, la coordination et l’efficacité des interventions publiques.
Des inquiétudes chez les bénéficiaires
Sur le terrain, cette réorganisation suscite néanmoins des interrogations parmi les entrepreneurs ayant bénéficié des dispositifs du FAIEJ. La principale préoccupation porte sur la pérennité des financements en cours et la continuité des engagements contractuels.
Face à ces inquiétudes, les autorités ont rapidement clarifié leur position.
Une continuité des engagements garantie
La ministre du Développement à la base, Mazamesso Assih, a tenu à rassurer les bénéficiaires en soulignant que la réforme ne remet pas en cause les acquis existants.
Les financements déjà accordés sont maintenus et les contrats en cours restent pleinement valables. L’objectif affiché n’est pas de rompre avec le dispositif précédent, mais de l’inscrire dans un cadre institutionnel élargi et plus structuré.
Un bilan à consolider, un modèle à optimiser
Depuis sa création en 2013, le FAIEJ a mobilisé 3,57 milliards de FCFA au profit de 5 370 jeunes entrepreneurs, avec un taux de remboursement de 61,30 %.
Ces résultats traduisent à la fois l’impact du mécanisme en matière d’accès au financement et les défis persistants liés à la viabilité des projets accompagnés.
Vers un accompagnement plus intégré
L’intégration des missions du FAIEJ au sein de l’ADTPME vise à dépasser la logique de financement isolé pour privilégier une approche plus globale, combinant accès au crédit, accompagnement technique et suivi des entreprises.
Cette évolution s’inscrit dans une volonté de renforcer la cohérence du dispositif national d’appui aux très petites, petites et moyennes entreprises, tout en améliorant les perspectives de pérennisation des initiatives entrepreneuriales.
Au-delà des inquiétudes initiales, la réforme ouvre une nouvelle phase dans la structuration de l’écosystème entrepreneurial togolais. Son efficacité dépendra désormais de la capacité de l’ADTPME à traduire cette intégration en un accompagnement concret, lisible et performant pour les jeunes porteurs de projets.
La Rédaction

