France – Avec ses yeux bleus, son petit gabarit et son pelage tigré, tout pouvait laisser croire à un chaton domestique égaré. Lors d’une randonnée dans le massif du Baïgura, dans les Pyrénées-Atlantiques, des promeneurs ont donc décidé de recueillir une petite femelle qu’ils pensaient abandonnée. Ils venaient en réalité de mettre la main sur un chat forestier d’Europe, un félin parfaitement sauvage.
Un « chaton » trouvé en pleine montagne
La découverte remonte à la mi-juin. L’animal, âgé de moins d’un mois, paraît seul lorsque les randonneurs le rencontrent. Pensant lui venir en aide, ils l’emportent avant qu’il ne soit finalement confié au centre de soins pour la faune sauvage Hegalaldia, à Ustaritz.
C’est là que sa véritable identité est établie. La petite femelle appartient au chat forestier d’Europe, également appelé chat sylvestre. Malgré sa ressemblance avec un robuste chat domestique, Felis silvestris est un animal sauvage qui évite généralement la présence humaine.
Pour les spécialistes, le sauvetage partait donc d’une bonne intention, mais il n’était probablement pas nécessaire. La mère pouvait simplement se trouver cachée à proximité avant de revenir auprès de son petit.
Camouflage, masque et gants pour la nourrir
Une fois le chaton pris en charge, impossible toutefois de le remettre immédiatement à l’endroit où il avait été découvert. Les soigneurs doivent désormais éviter qu’il ne s’habitue aux humains, condition indispensable à une future remise en liberté.
Un protocole particulièrement strict est alors mis en place. Pour le nourrir et lui apporter les premiers soins, une soigneuse porte une tenue de camouflage, un masque et des gants. Elle limite ses mouvements, réduit autant que possible les odeurs humaines et va jusqu’à se déplacer accroupie lorsqu’elle s’approche de l’animal.
L’objectif est simple : empêcher le petit félin d’associer l’être humain à la nourriture ou à la sécurité.
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Un enclos transformé en morceau de forêt
Désormais sevrée et pesant un peu moins de deux kilos, la jeune femelle vit dans un espace d’environ 20 m² spécialement aménagé. Branches, hautes herbes et ronciers doivent lui permettre d’apprendre progressivement les comportements nécessaires à une vie sauvage.
Même sa surveillance se fait à distance. Des caméras à détection de mouvement permettent aux équipes d’Hegalaldia de suivre sa croissance et son état de santé sans multiplier les contacts.
La date de son retour dans la nature n’est pas encore arrêtée. Le centre envisage notamment la possibilité de lui faire côtoyer un autre jeune chat forestier afin qu’elle puisse acquérir certains comportements qu’elle aurait normalement appris auprès de sa mère et de sa fratrie.
Une bonne intention qui peut compliquer le sauvetage
L’histoire permet surtout aux spécialistes de rappeler une règle importante. Un jeune animal sauvage trouvé seul n’est pas nécessairement abandonné. Sa mère peut s’être éloignée pour chercher de la nourriture ou simplement se dissimuler face à la présence humaine.
En cas de doute, Hegalaldia recommande donc de photographier l’animal et de contacter un centre spécialisé avant de le déplacer.
Dans le massif du Baïgura, les promeneurs pensaient ramener à l’abri un petit chat perdu. Ils avaient en réalité rencontré l’un des félins sauvages les plus discrets des forêts françaises.
La Rédaction

