Cinq migrants éthiopiens ont été exécutés en Arabie saoudite pour des infractions liées à la drogue, relançant les critiques des organisations de défense des droits humains contre le recours à la peine capitale pour des crimes n’ayant pas entraîné la mort. Human Rights Watch affirme que les condamnés n’ont pas bénéficié d’un procès équitable.
Les autorités saoudiennes ont exécuté, le 27 juillet, cinq ressortissants éthiopiens condamnés pour des infractions liées au trafic de drogue. Selon Human Rights Watch (HRW), ces exécutions portent à au moins 17 le nombre de migrants éthiopiens exécutés depuis le début de l’année 2026 pour des infractions sans caractère létal liées aux stupéfiants.
L’organisation affirme que 79 autres Éthiopiens condamnés pour des faits similaires risquent une exécution imminente. D’après l’Organisation européenne saoudienne pour les droits humains, au moins 116 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite depuis le début de l’année.
Des procès jugés contraires aux garanties fondamentales
Human Rights Watch dénonce une série de violations des droits de la défense. Les cinq migrants auraient été détenus plus de trois ans avant leur exécution et jugés au cours d’audiences particulièrement brèves, parfois organisées à distance.
Selon l’ONG, les accusés ne disposaient ni d’un avocat, ni d’un interprète pendant l’ensemble de la procédure. Ils auraient également été contraints de signer des documents rédigés en arabe, une langue qu’ils ne maîtrisaient pas, sans pouvoir préparer une défense effective ni exercer un recours dans des conditions satisfaisantes.
Les cinq hommes étaient originaires de la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie. Ils avaient quitté leur pays après le conflit qui a ravagé cette région entre 2020 et 2022 et avaient emprunté la route migratoire traversant le Yémen avant d’être arrêtés en Arabie saoudite.
Des condamnations qui inquiètent les défenseurs des droits humains
Selon les informations recueillies par Human Rights Watch, certains condamnés affirment avoir transporté un colis sans connaître son contenu ou ignorer que les produits transportés étaient interdits en Arabie saoudite.
L’organisation rappelle que le droit international limite la peine de mort aux crimes les plus graves, généralement ceux ayant entraîné la mort d’autrui. Les infractions liées à la drogue ne répondent pas à ce critère selon les mécanismes des Nations unies.
En 2025, près de sept exécutions sur dix réalisées en Arabie saoudite concernaient des infractions liées aux stupéfiants, une pratique régulièrement dénoncée par les experts des Nations unies.
Appels à suspendre les exécutions
Le patriarche de l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo a appelé en mai les autorités saoudiennes à suspendre les exécutions de ressortissants éthiopiens. Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a indiqué poursuivre ses échanges avec Riyad concernant les procédures judiciaires visant ses ressortissants, sans préciser si ces discussions concernent les condamnés à mort.
Human Rights Watch appelle les autorités saoudiennes à commuer les peines capitales prononcées contre les migrants éthiopiens, à garantir des procès conformes aux normes internationales et à permettre un accès effectif à une assistance juridique et consulaire.
La Rédaction
Source : Human Rights Watch.

