Une brasserie artisanale aux noms décalés
À Bannalec, dans le sud du Finistère, une brasserie installée dans une ancienne imprimerie s’est fait une réputation avec des bières aux noms volontairement décalés. Depuis 2017, elle produit plusieurs dizaines de milliers de litres par an, avec des créations aux appellations humoristiques, pensées comme un clin d’œil assumé à la culture populaire.
Parmi elles, une bière aromatisée au citron et au gingembre baptisée « John Lemon », référence évidente et légère à l’univers des Beatles et à John Lennon.
Une mise en demeure venue des Pays-Bas
Mais début mars 2026, l’affaire prend une tournure inattendue. Le brasseur reçoit un courrier puis un mail en provenance des Pays-Bas, émanant des représentants juridiques de Yoko Ono, veuve de John Lennon. Le message est clair : la commercialisation de la bière « John Lemon » doit cesser immédiatement.
D’abord pris pour une tentative d’arnaque ou un courrier promotionnel, l’entrepreneur réalise rapidement qu’il s’agit d’une démarche officielle, similaire à d’autres actions déjà menées par les ayants droit autour de la protection de l’image du musicien.
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Une marque protégée et un risque financier élevé
En consultant les précédents juridiques, le brasseur découvre que des produits utilisant des jeux de mots autour du nom Lennon ont déjà fait l’objet de poursuites. Dans son cas, la mise en demeure prévoit une pénalité pouvant atteindre 1 500 euros par jour en cas de poursuite de la vente.
Face à ce risque, il décide de se conformer à la demande et d’écouler ses stocks restants, environ 4 000 bouteilles, avant l’échéance fixée.
Une contrainte juridique transformée en visibilité inattendue
Loin d’être uniquement un coup dur, l’affaire se transforme aussi en exposition médiatique pour la brasserie. Le nom de la bière circule largement, donnant une visibilité inattendue à la production artisanale bretonne.
Une nouvelle appellation est même envisagée pour la suite, avec une légère variation du nom initial afin d’éviter tout conflit juridique.
Entre humour marketing et réalité du droit des marques
Cet épisode illustre les tensions fréquentes entre créativité commerciale et protection des droits de propriété intellectuelle, où un simple jeu de mots peut suffire à déclencher une procédure internationale.
La Rédaction

