KwaZulu-Natal – Un cercueil, une bataille familiale, une décision de justice et, au moment de vérifier la dépouille, une découverte sidérante : des blocs de construction à la place du mort. Les funérailles de Thami Elijah Nkonyane, dirigeant d’une importante Église sud-africaine, ont tourné à l’imbroglio judiciaire lorsqu’une partie de sa famille a fait interrompre la cérémonie. Le corps, lui, avait disparu. Il sera finalement retrouvé enterré ailleurs, derrière la maison de la mission.
Des funérailles interrompues par la police
Thami Elijah Nkonyane, dirigeant de la Christian Catholic Apostolic Holy Spirit Church in Zion, également connue sous le nom d’Inyoni Emhlophe, est décédé le 24 mai 2026.
Ses obsèques doivent se dérouler le 6 juin à Osizweni, près de Newcastle, dans la province du KwaZulu-Natal. Mais derrière la cérémonie se joue déjà une violente querelle familiale.
Dolly Nkonyane, l’épouse du défunt, mariée avec lui depuis 1988, conteste l’organisation des funérailles. Avec plusieurs membres de la famille, elle reproche à Priscilla Sizeni Mazibuko, la compagne avec laquelle le responsable religieux vivait avant sa mort, d’avoir organisé les obsèques sans les consulter.
L’épouse saisit alors la justice et obtient en urgence une ordonnance destinée à suspendre les funérailles.
Le jour de la cérémonie, la police arrive donc avec la décision du tribunal et ordonne que le cercueil soit remis à la famille.
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Le cercueil est ouvert… mais le défunt n’est plus dedans
C’est à cet instant que l’affaire bascule dans l’invraisemblable.
Lorsque le cercueil est inspecté, les proches affirment découvrir non pas la dépouille de Thami Elijah Nkonyane, mais des blocs de construction disposés à l’intérieur.
La police du KwaZulu-Natal confirme alors l’ouverture d’une enquête pour fraude après qu’un enterrement a été organisé autour de ce qui s’est révélé, selon son porte-parole, être des blocs de construction et non un corps.
La famille dépose plainte et une question autrement plus inquiétante se pose immédiatement : où est passé le défunt ?
La famille se met à chercher le mort
Un renseignement va rapidement donner une nouvelle dimension à l’affaire. Les proches apprennent que le corps pourrait avoir été enterré discrètement sur la propriété de l’Église.
Accompagnés de policiers, des membres de la famille inspectent les lieux. Derrière la maison principale, ils remarquent une parcelle de terre récemment retournée.
Leurs soupçons se concentrent immédiatement sur cet emplacement. Une nouvelle procédure judiciaire est engagée afin d’obtenir l’autorisation d’exhumer ce qui pourrait se trouver sous terre.
L’affaire ne se résume donc plus à un cercueil rempli de briques : une famille doit désormais demander à un tribunal l’autorisation de rechercher puis de récupérer le corps de son propre parent.
Le corps finalement retrouvé derrière la mission
Quelques jours plus tard, la justice autorise l’exhumation.
La dépouille de Thami Elijah Nkonyane est effectivement retrouvée dans une tombe peu profonde située derrière la maison de la mission à Newcastle. Elle est exhumée afin de permettre les examens nécessaires et à sa famille d’organiser de nouvelles funérailles.
L’entreprise Icebolethu Funerals, mise en cause dans le dossier, a toutefois contesté la version selon laquelle elle aurait fourni un cercueil rempli de briques. Elle affirme avoir remis la dépouille conformément aux instructions reçues et assure n’avoir participé à aucune substitution. L’enquête policière doit donc déterminer précisément les responsabilités de chacun.
Une bataille familiale jusque dans la tombe
Derrière son caractère presque irréel, l’affaire révèle surtout l’ampleur du conflit entourant la dépouille du responsable religieux.
Sa famille affirme avoir été écartée des décisions prises après sa mort et réclame désormais de pouvoir lui offrir des funérailles conformes à ses souhaits. L’Église elle-même s’est dite attristée par la tournure des événements et a apporté son soutien à la famille dans ses démarches.
Il aura ainsi fallu une ordonnance judiciaire pour arrêter un enterrement, l’ouverture d’un cercueil pour découvrir que le mort n’y était pas, puis une seconde bataille devant les tribunaux pour retrouver et exhumer sa dépouille.
Une succession d’événements tellement improbable qu’elle pourrait relever d’une comédie noire, si elle ne s’était pas déroulée au beau milieu de véritables funérailles.
La Rédaction

