À 90 ans, Toshisuke Kanazawa ne monte pas sur scène pour recevoir un hommage à sa carrière. Il y monte encore pour gagner. Fin août, le culturiste japonais a remporté la catégorie des 85 ans et plus aux Championnats japonais Masters, décrochant son 19e titre national. Et lorsqu’on lui parle de retraite, sa réponse tient en une ambition simple : rester bodybuilder jusqu’à la fin de sa vie.
Un titre national au lendemain de ses 90 ans
Toshisuke Kanazawa a célébré ses 90 ans le 29 août. Dès le lendemain, il retrouvait les projecteurs d’une compétition de culturisme à Hiroshima. Face à sept autres concurrents dans la catégorie des 85 ans et plus, le vétéran s’est imposé une nouvelle fois.
Cette victoire porte à 19 le nombre de titres nationaux remportés au cours de sa longue carrière. Kanazawa ne se contente d’ailleurs pas de compétitions réservées aux nonagénaires : en septembre, il a encore terminé quatrième d’une épreuve en couple aux Japan Open Championships, associé à Asuka Miyamae, de 39 ans sa cadette.
Son entraînement a évidemment évolué. Dans sa jeunesse, il pouvait consacrer jusqu’à six heures par jour à la musculation. À 90 ans, il s’entraîne encore environ deux heures par jour, six jours sur sept, dans sa salle de Hiroshima. Certains exercices trop exigeants, notamment les squats et le développé couché, ont été remplacés par des machines mieux adaptées à son âge.
À lire aussi : Le monde insolite : à Tokyo, des poubelles robotisées circulent désormais au milieu des voyageurs
De la natation au culturisme
Né en 1936 dans la préfecture de Shimane, Kanazawa se destinait d’abord à la natation. Spécialiste du 1 500 mètres nage libre lorsqu’il était lycéen, il rêvait des Jeux olympiques avant qu’un problème musculaire ne contrarie ce projet.
Il se tourne alors vers le culturisme et promet à ses parents de devenir le meilleur du Japon. À 24 ans, il remporte Mister Japan, puis renouvelle l’exploit trois ans plus tard.
Sa carrière l’emmène jusqu’à Montréal en 1967 pour Mr Universe. Il y termine quatrième dans sa catégorie, lors d’une compétition réunissant également quelques-uns des grands noms de l’époque, dont Arnold Schwarzenegger et Sergio Oliva. Plusieurs décennies plus tard, Kanazawa continue d’évoquer Schwarzenegger comme une référence.
Une retraite qui n’aura pas duré
Kanazawa abandonne pourtant la compétition dans la trentaine. Il y revient vers 50 ans, en partie pour soutenir son épouse, confrontée à une maladie chronique. Il raconte avoir voulu lui montrer qu’il était possible de se reprendre après s’être lui-même laissé aller pendant les années suivant son retrait.
La reprise devient finalement une seconde carrière. Sept ans plus tard, il remporte un championnat Masters. Depuis ses 80 ans, il a également accumulé six titres mondiaux Masters. Son épouse est depuis décédée, mais Kanazawa explique encore penser à elle lorsqu’il entend son nom annoncé avant de monter sur scène.
Deux heures d’entraînement et aucune envie d’arrêter
Le Japonais attribue sa longévité sportive à plusieurs décennies de discipline. Il affirme n’avoir jamais fumé ni consommé d’alcool et avoir abandonné viande et poisson depuis longtemps. Son alimentation actuelle repose notamment sur du riz brun, du natto, de la soupe miso, des œufs et des compléments protéinés. Il est passé de six shakes protéinés par jour dans sa jeunesse à trois aujourd’hui.
À 90 ans, Kanazawa n’envisage toujours pas de ranger ses haltères. Il ambitionne encore de participer à un championnat du monde dans la catégorie des plus de 60 ans, face à des adversaires qui pourraient avoir plusieurs décennies de moins que lui.
Après plus de soixante ans de culturisme, une interruption de carrière et 19 titres nationaux, son prochain objectif n’est donc toujours pas la retraite. Pour Toshisuke Kanazawa, vieillir impose d’adapter l’entraînement, pas nécessairement d’abandonner la compétition.
La Rédaction

