Le retrait du projet d’ouverture des compétitions de la FIFA à des investisseurs privés n’a pas mis fin aux interrogations. Plusieurs eurodéputés souhaitent toujours entendre le président de l’organisation, Gianni Infantino, afin d’obtenir des explications sur la gouvernance de l’instance et sur une réforme qui a profondément divisé le football mondial avant d’être finalement abandonnée.
Le Parlement européen pourrait prochainement se saisir d’un dossier rarement débattu dans son enceinte : la gouvernance de la FIFA. Des membres de la commission de la Culture et de l’Éducation préparent une invitation officielle à l’attention de Gianni Infantino afin qu’il vienne répondre aux interrogations suscitées par un projet de réforme finalement retiré sous la pression de plusieurs acteurs du football international.
Au cœur des critiques figurait un projet prévoyant la création d’une nouvelle société chargée de gérer les compétitions de la FIFA, avec la possibilité d’ouvrir jusqu’à 20 % de son capital à des investisseurs privés. Présentée comme un levier destiné à renforcer les capacités financières de l’organisation, cette initiative a rapidement provoqué une vague de contestation avant d’être abandonnée.
Une réforme qui a profondément divisé le football
Le projet avait suscité de fortes réserves au sein de plusieurs instances du football mondial. L’Union des associations européennes de football (UEFA) et la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) avaient notamment demandé une concertation plus approfondie, estimant qu’une telle évolution risquait de modifier durablement l’équilibre économique et institutionnel du football international.
Face à cette opposition grandissante, la FIFA a finalement renoncé à poursuivre cette réforme.
La gouvernance au cœur des interrogations
Si le projet n’est plus d’actualité, les préoccupations exprimées par plusieurs eurodéputés demeurent. Dans un projet de lettre, les élus mettent en avant des interrogations sur les processus de décision de la FIFA, le niveau de transparence entourant la préparation de cette réforme et les mécanismes de gouvernance de l’organisation.
Ils souhaitent obtenir des explications directes de Gianni Infantino sur la manière dont ce projet a été élaboré, présenté puis abandonné, ainsi que sur les garanties qui entoureront les futures évolutions institutionnelles de la FIFA.
Un débat qui dépasse désormais la réforme abandonnée
Si la commission parlementaire valide la démarche, une invitation officielle pourrait être adressée au président de la FIFA au cours des prochaines semaines.
Au-delà de cette réforme avortée, les eurodéputés estiment que cet épisode soulève une question plus large : celle de la gouvernance des grandes organisations sportives internationales. Transparence des décisions, consultation des parties prenantes et responsabilité institutionnelle figurent désormais parmi les sujets que plusieurs responsables européens souhaitent voir davantage encadrés.
Pour la FIFA, le défi ne consiste donc plus seulement à tourner la page d’un projet abandonné, mais à convaincre que ses futures orientations stratégiques s’inscriront dans un cadre de gouvernance plus transparent et davantage concerté.
La Rédaction

